Une bouchée de pain manque, des millions sont en jeu. Le sujet est du plus grand sérieux. La chaîne de restauration rapide Subway est poursuivie aux États-Unis devant les tribunaux pour sandwich trop court.
Tout a été lancé après qu'un adolescent australien, doutant de la taille du «Footlong» qu'on vient de lui servir, eut décidé de le mesurer.
S'apercevant que la distance entre les deux bouts dudit sandwich ne faisait que 28 centimètres, il poste sur la page Facebook de Subway une photo de son mets placé sous un «mètre»; preuve qu'il manque une bouchée de pain. Il demande alors à d'autres consommateurs de vérifier, au prochain passage chez Subway, si leur sandwich fait aussi onze pouces au lieu de douze... Un appel qui a recueilli 131 000 « J'aime» et qui fait le tour des réseaux sociaux, ponctués de photos de sandwichs mesurés aux quatre coins du monde, et de commentaires globalement teintés d'amusement.
Lorsqu'ils ont appris que le célèbre sandwich à 5 dollars, le «Footlong» (qui signifie long d'un pied, unité de mesure anglo-saxonne qui équivaut à 30,48 centimètres), faisait en réalité deux centimètres de moins, des fidèles clients américains de Subway ont décidé de porter plainte contre la plus grande chaîne de restauration rapide au monde. En une semaine, ils sont déjà trois, du New Jersey, à avoir constitué des class-actions (recours collectifs) - une procédure habituelle aux États-Unis, qui permet à des individus de rejoindre une plainte, rapporte le quotidien français Le Figaro de jeudi.
C'est la première fois depuis qu'il est né, en 1965, que le «Footlong» est critiqué pour sa taille, se défend la compagnie Subway. Depuis cette date, les bouchées manquantes arrondissent-elles les profits de la compagnie ? Le procès le dira.
Dans un autre registre, mais toujours une affaire qui concerne la justice, attendant la tenue d'une audition en appel dans le cadre des démêlés de Jean-Claude Duvalier avec la justice haïtienne, la journaliste française Amélie Baron, correspondante de RFI en Haïti, a croisé, sortant du tribunal, un jeune homme. Le prévenu était reconduit en prison.
Depuis 14 mois, ce dernier croupit dans l'une des cellules surpeuplées de l'administration pénitentiaire nationale. Il s'est battu lors des exercices précarnavalesques de l'an passé. Arrêté, il attend qu'un juge statue sur son sort. De reports en rendez-vous manqués, depuis 14 mois, cet Haïtien est privé de sa liberté, subit toutes les privations.
Pas de bol pour lui, ce jeudi encore il a été reconduit en cellule. Sur son compte Twitter, la journaliste explique qu'une coupure d'électricité avait perturbé le fonctionnement du tribunal, puis les juges, apprenant la mort récente de l'un des leurs, avaient décidé de lever siège.
La justice est une affaire sérieuse. Tous les cas méritent attention. On juge la justice à l'attention qu'elle porte à chaque cas. Ici (Etats-Unis), on intente un procès pour un centimètre de pain manquant, là (Haïti), on est embastillé 14 mois sans jugement pour une banale rixe.
Subway n'est pas franchisé en Haïti. Il aurait pu vendre des sandwichs sans donner le pain. Les consommateurs floués par Subway ont de la chance; en Haïti, ils auraient sûrement vu pousser des dents aux poules avant qu'un tribunal ne prenne leur plainte en considération.
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