Le Canada, avec une idée venue du Québec, aidera Haïti à monter sa première école de l'humour. Oui, vous avez bien lu. Une école où on apprendra à faire rire de toutes sortes de situations. Si vous avez cru que nous étions bien pourvus en situations comiques, vous vous trompez. Nous n'avons pas la science du rire, même si nous rions de tout, de rien, des fois, de rien du tout.
Faire rire dans un pays normal est un métier. Rémunéré en plus. On ne gaspille pas ses blagues. On les monte en spectacles. On les publie dans des revues. On les rassemble dans des livres. Un sketch devient un DVD, une idée se prolonge en un film. Le rire est une bonne affaire.
Mimiques, costumes, grimaces et réparties sont des matières premières que l'imagination et le talent transforment en or en barres. Mais, comme nous ne prenons rien au sérieux, nous faisons rire de nous toute la sainte journée sans en craindre les conséquences.
Espérons que le ministre canadien de la Coopération, Julian Fantino, ne mettra pas dans la balance de nos défauts l'acceptation de cette aide qui formera des comédiens dans un pays où ça ne manque pas.
Sur sa page Facebook, Johnny Djecee Célicourt, journaliste et agitateur d'idées, a lancé vendredi une réflexion sur le succès du rire léger dans notre société. Selon une traduction libre de ses propos, il explique que le style « Ti komik » assure en Haïti le succès dans toutes les initiatives.
Célicourt rapporte que les plus populaires acteurs de la majorité des publicités en Haïti sont des comédiens burlesques. Les animateurs d'émissions qui marchent flirtent avec le sommet de la popularité en offrant à leur auditoire du rire au menu de leur émission. Toto et ses blagues sont les vedettes les plus like et partagées sur les réseaux sociaux. Au Parlement, les débats les plus commentés sont cocasses. Le président Martelly lui-même a remporté les dernières élections en ti komik et « depi l pa fè ti komik, pèp la pa kontan », explique Célicourt, le communicateur.
C'est vrai que le rire est une arme de séduction massive. Le président Martelly est le premier à en donner l'exemple. Il désarme tout le monde avec son sens de l'humour et ses blagues dans des situations les plus inattendues. Ici, jamais personne n'oublie un bon lodyansè, un bon blagueur, même les pince-sans-rire.
Pour rester sur Facebook, avez-vous lu le dernier communiqué émis par la nouvelle administration du ministère de la Communication ? Le très officiel ministère de la Communication de la République d'Haïti a publié un communiqué pour donner les statistiques de fréquentation... de sa page Facebook.
Sous le titre « Statistiques récentes de la performance du Ministère de la Communication », la note datée du 29 janvier 2012 traite des activités de la page Facebook créée en mai 2012. Quand on constate la pauvreté du trafic, nul doute que le communiqué va aider à fouetter la fréquentation. Allez y jeter un coup d'oeil, question de voir que des questions sérieuses requièrent aussi l'attention de nos communicateurs.
Le Premier ministre Laurent Lamothe a posé la première pierre de l'aéroport international des Cayes. Les travaux dureront 24 mois et coûteront plus de 26 millions de dollars. L'aéroport des Cayes existe depuis le début des années 2000. Il n'a jamais connu de trafic intense. La dernière ligne régulière opérée sur sa piste a cessé ses opérations depuis un an et demi. Faute de passagers.
Les Haïtiens qui rient de tout vous diront que le plus caricaturé de nos présidents, le général Antoine Simon, a légué son nom à l'aéroport des Cayes. Pour cette seule raison et pour sa piste trop souvent vide depuis plus de dix ans, ce monument fait sourire.
N'empêche, les Cayens mettent beaucoup d'espoir dans cette infrastructure. L'aéroport est le phare qui guidera les touristes à bon port. Même si le port délabré et indigne de la ville, qui connaît pourtant un trafic certain, n'a pas encore retenu l'attention des autorités.
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