On dirait qu'un invisible arbitre a pressé la gâchette du starter et lancé la course. La prime semble alléchante tant les participants mettent de l'ardeur dans la besogne. Ce n'est plus une compétition, cela doit être un enjeu vital qui les motive. La police et la Minustah, assistées du commissaire du gouvernement, multiplient les descentes sur les lieux et raflent à tout-va les bandits et leurs acolytes, sans doute aussi des passants et des « pas-de-chance » qui se sont fait cueillir là où on rêvait de les retrouver. Pas un jour ne se passe sans que la police n'améliore son bilan et la quiétude de la population. La justice aussi marque des points. Sur la demande de l'Unité de lutte contre la corruption, des fonctionnaires sont mis aux arrêts. Le couperet tombe dru. Des annonces laissent croire que le panier à salade a encore de la place pour d'autres belles pièces. Le garde-manger est rempli de cas qui attendent leur tour de passer sur le gril et derrière les grilles. La justice toujours, mais cette fois loin des prisons, près des tribunaux, se rattrape sur des cas vieux de longtemps, très longtemps. Plus de vingt-cinq ans pour Jean-Claude Duvalier, déjà treize ans pour Jean Dominique et Jean-Claude Louissaint. On écoute, ébahis, les déclarations explicatives de l'ancien homme fort. On attend, impatients, ce qui sortira sur les assassinats du 3 avril 2000. Dans un autre ordre d'idées, c'est la confusion la plus totale pour ce qui est de la formation du Conseil électoral. Le Parlement, le CSPJ et la présidence semblent s'être donné le mot pour ne pas avancer sur ce dossier. Chacun attend le bon moment, la proposition indécente ou un « personne-ne-sait-quoi » pour passer à l'étape suivante. Le grand perdant dans cette affaire, encore une fois, c'est le président Michel Martelly. Il a la responsabilité de veiller à la bonne marche des institutions de la République. Le CEP, quel que soit le nom qu'il finira par porter, tarde à naître. Les élections sont dans l'impasse. Les rencontres se suivent, les accords se désaccordent, les délais s'épuisent, rien de concret n'est scellé. Dire qu'il faudra au président Martelly, sitôt cette étape de la formation du CEP franchie, convaincre les partis politiques qu'ils auront une chance de remporter des sièges lors des prochaines élections pour les avoir comme témoins et participants dans la course électorale! Une bonne participation des partis de l'opposition aux prochaines élections est incontournable pour leur réputation. La crédibilité du processus électoral de 2013 est à ce prix. Michel Martelly, déjà en campagne, le sait-il ?