Rassurez-vous! C'est n'est pas un appel aux armes ou à manifester. Les Casques bleus, n'en déplaise aux nationalistes, sont là conformément au chapitre 7 de la charte des Nation unies. Et cette mission, en dépit des milliards de dollars qu'elle coûte et du choléra en prime, "aide". Elle stabilise. Elle donne des garanties. Pas celles que cherche un investisseur. Mais plutôt celles qu'il n'y aura pas de coup d'Etat tant et aussi longtemps qu'elle est là. René Préval, plus nationaliste qu'on ne l'a cru, en a bénéficié, sans festoyer.
Son successeur, Michel J. Martelly, s'est à l'inverse réjoui de cette présence militaire étrangère qui protège son pouvoir d'un putsch. Ici où l'on ne compte presque plus le nombre de coups d'Etat, cette joie est bien compréhensible.
N'en déplaise à certains, donc, même en faisant le service minimum, les Casques bleus dissuadent, retiennent des élans dans ce pays où les "mauvais complots stimulent". Pour profiter de cette stimulation, en faveur du bien, l'inverse, le bon complot, doit d'abord être politique. Il faut, comme premier élément de cette sédition vers le recouvrement de notre souveraineté, que l'administration Martelly réalise des élections crédibles et inclusives. L'alternance politique, le renforcement des institutions doivent être plus que des mots.
Aujourd'hui, le stock de promesses s'épuise et, en face du pouvoir, les tranchées sont creusées en attendant les confrontations éventuelles et probables. Personne n'est dupe. Et, en dépit des préoccupations qu'elles expriment, les Nations unies ont un plan B pour les apprentis sorciers de tout bord. Faut-il le rappeler, c'est la première fois depuis que la Minustah s'est déployée en Haïti que le Conseil de sécurité a fixé une échéance sur le long terme : 2016.
En 2017, très probablement, il faudra que la Nations unies tiennent la main du successeur de Martelly. Au plus tard, un débat sérieux sur le retrait de la Minustah ne se tiendra pas avant 2020. Dans sept ans. Sept années pour fomenter ce complot d'une intelligence politique consciente des enjeux, d'un nationalisme éclairé apte aux sacrifices pour véritablement changer les choses, briser le statu quo, neutraliser les manipulateurs insipides qui sont dans le complot permanent pour continuer le saccage d'Haïti. C'est à ce prix que les leaders d'ici, peu inspirés jusqu'ici, peuvent, au terme du très souhaité "tèt ansanm", panser les plaies et enfin penser l'avenir.
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