Il y a une pénurie d'essence. Rien de bien grave. Sauf si la somme des chauffeurs inquiets ne transforme en rareté un retard d'arrivage. Il n'y a pas de hausse de prix de l'essence, sauf si les anticipations des profiteurs ne donnent naissance au marché noir. Les motocyclettes et les voitures ont soif dans une ville où l'on consomme une bonne partie des carburants sur place, dans nos fameux blocus. Comment passer sereinement une semaine à attendre le prochain tanker ?
Il y a encore eu des inondations au Cap-Haïtien. Rien de bien méchant si on n'a pas les pieds mouillés et ses affaires emportées par les eaux en furie. Les travaux pour mettre la ville hors danger aux grandes averses ou les gens hors des zones inondables se font attendre depuis des lustres. Pire, la ville s'agrandit sur des terrains à risque élevé à chaque poussée de l'anarchie urbanistique. Qui des eaux, qui des gens se trouvent à la mauvaise place ?
Jusqu'au moment de mettre sous presse l'arrêté nommant les membres du CT-CEP n'a toujours pas été publié par l'exécutif. Ne cherchez pas à savoir pourquoi. L'État a ses raisons qu'il serait déraisonnable de confier au commun des mortels. Patience ! En temps et lieu, vous serez avertis, ce n'est qu'une question de procédure, rassurent les autorités. Nous attendons, sans savoir pourquoi, explique un membre du nouveau futur CT-CEP. Les élections sont un long processus, si chaque étape dure si longtemps, verra-t-on le bout de l'affaire avant des ans ?
Assistance mortelle, le documentaire coup de poing de Raoul Peck, s'ouvre au grand public avec les diffusions réalisées par Télé Métropole. Les vagues de questions déferlent. Il y a un parti pris évident du réalisateur pour Haïti, grande victime des humanitaires et des amis qui donnent pour mieux reprendre. Il y a aussi un soudain attendrissement envers celui mis à mal dans « Monsieur le ministre jusqu'au bout de la patience », le livre bilan rédigé par Raoul Peck après son passage comme ministre de la Culture de René Préval. Les années et le drame donnent un autre rôle à Préval et à Jean-Max Bellerive, son dernier Premier ministre, s'insurgent bien de voix. Pourquoi le cinéaste n'a plus les yeux de l'auteur, se demandent-elles ? Un créateur a-t-il le droit de changer son fusil d'épaule ?
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