Richard Morse, tête de colonne de la campagne électorale de Michel Martelly, porte-étendard d'une caution démocratique dans un environnement où ceux qui ont un passé dans la lutte pour la démocratisation d'Haïti sont rares, est sorti de sa réserve.
Depuis sa démission surprise en décembre dernier, le chanteur de Ram s'était tu. Ne parlait pas clairement. Même quand il a été banni du cortège carnavalesque, il n'était pas monté sur ses grands chevaux. Un tweet de temps à autre, rien de plus.
Il a fallu la démission de Marie Carmelle Jean-Marie de son poste du ministère de l'Économie et des Finances et sa lettre rageuse pour que Richard Morse confie ses états d'âme.
Simple coïncidence ou envie d'enfoncer le clou, celui qui est aussi le cousin du président Michel Martelly dit dans le journal canadien Toronto Star qu'il a jeté l'éponge parce que la corruption a élu domicile au Palais national.
L'ex-conseiller spécial du président tape fort. Plus fort que la ministre. Plus dur que tout opposant qui imagine savoir ou deviner ce qui se passe au coeur du pouvoir.
Morse ainsi que Jean-Marie se sont peut-être trompés dans leur appréciation de ce qui se passe. Cela peut arriver.
Un conseiller du président viendra un jour expliquer les causes probables de sa sortie du premier cercle du pouvoir. Vendetta, dira-t-il ? Représailles, dénoncera-t-il ? Vagabondage, entendra-t-on crier ?
Statistiquement parlant, Morse et Jean-Marie, cela ne fait que deux notes discordantes. C'est peu. Ce n'est pas grand-chose. Tous ceux qui ne peuvent pas croire, ne veulent pas croire, n'osent pas penser que le changement hésite à habiter le Palais national de leur vivant jureront même que ce n'est rien.
Ce n'est rien, sauf que deux fausses notes suffisent à dénaturer une symphonie.
C'est comme pour cette affaire des 400 000 emplois qu'aucun ministre du gouvernement ne veut expliquer, ne peut corréler, ne souhaite clairement justifier.
400 000, ce n'est qu'un chiffre, une statistique, un détail. On peut se tromper. De bonne foi.
Ce n'est rien, sauf que les approximations abîment la crédibilité.
Après les révélations de Marie Carmelle Jean-Marie et de Richard Morse, le président Michel Martelly et le Premier ministre Laurent Lamothe vont devoir vite faire le ménage. Une réputation s'altère si vite. Une réputation est si vite établie.
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