Le 5e Sommet de l'Association des Etats de la Caraïbe s'est achevé hier vendredi avec la signature par les chefs d'Etat et de gouvernement de la Déclaration de Pétion-Ville. En quarante points, les signataires de ladite déclaration ont passé en revue la souveraineté des États et tout ce qui se rapporte au commerce international, au tourisme, à la lutte contre le terrorisme, à la culture, à l'environnement, notamment la protection de la mer des Caraïbes qui représente l'épine dorsale de cette association sous-régionale. Depuis le processus d'élaboration de l'avant-projet de déclaration finale avec les représentants de chacun des vingt-neuf Etats membres, le mercredi 24 avril en cours, tous les journalistes, Haïtiens et étrangers, voudraient s'enquérir d'un seul point. Y aura-t-il une condamnation de l'embargo américain contre Cuba ?
Au point 9 du texte intitulé '' Déclaration de Pétion-Ville '', les représentants des vingt-neuf pays de la Grande Caraïbe, sans vouloir utiliser des termes pouvant choquer la susceptibilité de la République étoilée, ont réitéré leur appel au gouvernement des États-Unis d'Amérique à mettre fin à l'application de la Loi Helms-Burton, conformément aux 20 résolutions pertinentes, approuvées par l'Assemblée générale des Nations unies, sa plus récente étant Ref. A/RES/67/4, novembre 2012, intitulée «Nécessité de mettre fin à l'embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d'Amérique contre Cuba ».
Cette condamnation de l'embargo américain contre Cuba est l'une des grandes initiatives de la diplomatie cubaine depuis les années 80 pour mettre Washington sur la sellette dans tous les grands rendez-vous internationaux. Qu'il s'agisse de chef d'État en visite à Cuba ou de forum international, le pays de Fidel Castro est toujours à la recherche d'alliés afin de dénoncer les États-Unis sur ce blocus survenu en 1962 après la révolution cubaine. Sans qu'on ne l'imagine, le durcissement de la politique américaine contre Cuba contribue davantage à rehausser l'image du dirigeant cubain partout dans le monde. Lors de ce 5e Sommet, tous les journalistes étaient attentifs à la confirmation de l'arrivée de Raul Castro en Haïti.
Il est assez difficile de prévoir quand Washington mettra fin à l'embargo contre Cuba. En sa qualité de super puissance, la République étoilée ne peut être ni sanctionnée ni blâmée quant à son droit de disposer de sa politique commerciale, économique et diplomatique envers un autre Etat. Mais au fur et à mesure que les peuples, d'un continent à un autre, expriment leur désapprobation de la politique américaine vis-à-vis de Cuba, pendant combien de temps le peuple américain restera-t-il insensible à ce dossier ?
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