La Chambre des députés s'est mise en quatre pour voter le projet de loi électorale soumis à la dernière minute au bureau des deux chambres. Martelly n'a fait qu'imiter son prédécesseur, René Préval, qui avait soumis la Constitution amendée à la sanction des parlementaires à la veille du départ en vacances des députés. On connaît la suite. La Constitution de 1987 a été amendée à la va-vite. Sans profonds débats. Les résultats sont connus de tous.
Le président Martelly, qui promettait de divorcer d'avec les pratiques des régimes passés, a déposé le projet de loi électorale au Parlement dans les mêmes conditions que la Constitution amendée. Ne dit-on pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?
Au lieu de s'éterniser sur les conditions du vote, mieux vaut se réjouir de ce nouveau pas franchi vers les élections. Les candidats qui sont en campagne depuis l'investiture du président Martelly, le 14 mai 2011, peuvent persévérer. Les diplomates inquiets de la santé de la démocratie haïtienne peuvent commencer à respirer. Le vote du projet de loi électorale dans un temps record à la Chambre basse prouve que nous pouvons organiser les élections dans les meilleurs délais. Peut-être avant la fin de cette année. Il suffit que nous accordions le bénéfice de l'urgence au processus électoral. N'est-ce pas ?
Le vote du projet de loi électorale à la Chambre basse serait parfait s'il n'y avait pas la contestation rapide du bloc des Parlementaires pour la stabilité et le progrès (PSP) contre la manière dont l'article 241 du document a été voté. Cet article voté au grand dam des parlementaires pro-Martelly prolonge le mandat des sénateurs élus en 2009 jusqu'en 2015. Un support en plus pour que les 10 sénateurs concernés continuent de siéger après le 2e lundi de janvier 2014.
Si les députés du PSP ont permis à Michel Martelly, en attendant le vote du Sénat, de garder une direction générale à l'organisme électoral, ils ont perdu la bataille en ce qui concerne le mandat des sénateurs élus en 2009. La balle est maintenant dans le camp du président Michel Martelly et ses conseillers politiques.
Le vote du projet de loi électorale est, certes, un pas vers les élections. Croisons nos doigts pour que ces élections, qui tiennent le pays en otage, se déroulent dans des conditions différentes de celles dans lesquelles le projet de loi électorale a été voté à la Chambre basse. Quoi de mieux peut-on souhaiter à notre chère Haïti ?
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