Il y a le célèbre mandat décerné par le commissaire du gouvernement, Me Francisco René, contre Me André Michel. C’est le mandat suspendu. Il plane comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de l’avocat qui défie le pouvoir en place et traîne en justice la famille présidentielle.
Il y a le mandat de la Mission des Nations unies en Haïti. C’est celui de la tutelle. Ce mandat permet de maintenir des troupes sur notre territoire. De garantir la sécurité du régime en place et aussi de protéger le pays contre le retour offensif de forces armées sous différents couverts. Ce mandat donne même droit aux hommes de l’Onu d’inoculer à la population les virus de maladies épouvantables. Ce, sans recours ni remords.
Il y a le mandat des élus. C’est le mandat électif. C’est le mandat que détiennent le président de la République, les sénateurs, les députés. Ce mandat a une durée et des attributions déterminées par la Constitution. Président, sénateurs et députés doivent faire marcher la République, respecter et faire respecter les lois. Depuis des mois, certains mandats électifs sont remis en question, ce qui entraîne que d’autres mandats deviennent fragiles.
Il y a le mandat des membres de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. C’est le mandat des contrôleurs. Ils ont pour mission essentielle de veiller à la qualité des dépenses publiques. Depuis le 30 septembre, les membres en poste à la Cour ne le sont que par la volonté du chef de l’Etat qui, par une lettre, change les règles du jeu. Le président reproche aux sénateurs d’avoir choisi, sans discernement ni méthode, des remplaçants aux membres actuels.
Il y a le mandat des négociateurs. C’est le mandat manquant. Il est réclamé par le président de la République pour que le dialogue se poursuive entre les présidents des deux chambres et la présidence sous l’égide de Religions pour la paix, un regroupement œcuménique de religieux. Ce mandat manquant n’était pas exigé des parties avant le 14 octobre dernier, alors que le processus de dialogue dure depuis un an environ. L’accord du 24 décembre 2012 donnant naissance au CTCEP en est le fruit le plus abouti.
Si on commence à réclamer des mandats avant de se parler, qui va donner mandat à Religions pour la paix ? Au président de la République lui-même ?
L’impasse actuelle est-elle due au mandat manquant ou au manque d’appétit pour le dialogue ?
Ici, même quand le mandat existe et est clairement connu, on passe outre.
Frantz Duval
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