Il pleut. C’est de saison. La route de Tabarre, défoncée, devient une patinoire de boue ou un fleuve en furie. Suivant le moment auquel vous l’empruntez. A toute heure, elle est infernale. En 20 ans, nous l’avons construite et détruite. Il pleut. C’est normal. La Saline, le marché, le plus grand du pays, la zone du même nom sont dans un piteux état. Les immondices, l’eau, les canalisations obstruées, la circulation intense de piétons, de véhicules et de marchandises ne font pas bon ménage. 210 ans que Croix-des-Bossales ne change pas. Il pleut. Ce n’est pas la première fois. Une fois de plus, il faut craindre la recrudescence de certaines maladies. La malaria et le choléra en particulier. Les deux tuent. Nous ne sommes efficacement protégés contre aucun des deux. Il pleut. Bonne nouvelle. Les agriculteurs s’en réjouissent. Tous les ménages font provision d’eau ces jours-ci. Dans ce pays, les riches et les pauvres s’abreuvent aux sources du ciel. Démocratiquement. Qui pour son seau, qui pour les dix mille gallons de sa citerne, qui pour son champ, tous nous aimons la pluie, l’eau gratuite, soudaine et indomptable. Il pleut. Les nouveaux ministres et ceux maintenus respirent. La pluie est apaisante mais transversale. Elle asperge tant de problèmes, soulève mille problématiques. Il pleut. Heureusement que l’idée de réduire à sa plus simple expression la flotte des véhicules des fonctionnaires et autorités n'a pas eu de suite. Rien qui peut entraver leur efficacité et leur envie de se fatiguer n’a surnagé dans l’océan des initiatives. Il pleut, les chefs n’ont aucune excuse pour ne pas se mettre au travail. Nou nan dlo; le savent-ils ? Allez Mesdames et Messieurs, au travail !