La Chambre des députés a voté vendredi le budget rectificatif. Pour l’année fiscale 2013-2014, le gouvernement disposera de 118 milliards de gourdes. Les professeurs du secteur public auront bientôt leur augmentation de salaire de 30 à 60%, comme le clament le président et le ministre de l’Education nationale.
Bien entendu, il faut attendre que le Sénat vote dans les mêmes termes le budget pour produire son plein et entier effet, après publication dans Le Moniteur. Dans le pire des cas, le document fera indéfiniment la navette entre les deux chambres ou sera retoqué purement et simplement par le Sénat.
Si cela se produit, les sénateurs soulèveront contre eux l’ire du gouvernement, mais aussi la colère des enseignants et celle d’autres couches de la population qui finiront par comprendre le jeu politique qui les prive de ressources.
Ce vendredi, la Chambre des députés a aussi signifié aux concernés qu’elle maintient sa confiance dans les deux membres précédemment choisis pour siéger au Conseil électoral. Encore une fois, après cette décision de la Chambre basse, le Sénat est dans ses petits souliers.
Depuis des semaines, les honorables sénateurs hésitent à voter la loi électorale amendée. Ils temporisent, se refusant aussi à statuer sur leur représentant au Conseil électoral. En fait, le Sénat ne tient pas séance sur ces questions.
Tous les pays amis d’Haïti, habitués à s’ingérer dans les affaires politiques du pays, ont déjà pris position pour souhaiter, suggérer, réclamer des sénateurs une position claire sur la loi électorale et l’application de l’Accord d’El Rancho. La date des élections étant fixée au dernier dimanche d’octobre 2014, ne pas avoir le logiciel légal pour les piloter est un fâcheux contretemps.
Le Sénat, il ne faut pas voir dans cette affaire que les irréductibles opposants mais bien tout le grand Corps, épuise chaque jour un peu plus tous les recours, tous les subterfuges, tous les délais.
Si personne ne peut indiquer aux sénateurs dans quel sens voter, il est patent que le temps réglementaire et les arrêts de jeu sont épuisés.
Depuis la signature de l’Accord d’El Rancho, le Sénat s’est creusé un trou. Ce n’est pas un abri, mais une souricière.
A partir du 2e lundi de septembre 2014, les députés partiront en vacances pour la dernière fois. Seul le président de la République pourra les convoquer à sa guise avant l’acte final du 2e lundi de janvier 2015.
Le Sénat, même s’il siège en permanence, ne sera plus de grande utilité avec les députés en vacances.
Le trou creusé par les sénateurs depuis l’Accord d’El Rancho ne sera plus une souricière, mais celui de la sépulture de la 49e législature.
Est-ce cela l’ambition du sénateur Dieuseul Simon Desras et de ses pairs ? Dieu seul le sait.
Quant au gouvernement, qu'il ne se réjouisse pas. La non-tenue des élections lui est aussi préjudiciable. La faillite d'un des pouvoirs entraînera la défaillance d'un autre. La sépulture creusée peut acceuillir tout le monde. Dans le même trou.
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