Nous nous acheminons vers les élections. Cela ne fait pas de doute. La seule question à laquelle personne ne peut répondre concerne la date desdites élections promises et tant de fois non tenues. Déjà, le dernier dimanche d'octobre 2014 s'éloigne lentement, mais sûrement. Aux dires des experts, il faut six mois pour mettre en place la machine électorale. A la date d'aujourd'hui, cela nous mettra à des élections début novembre 2014 si tout se fait pour le mieux, mais rien ne se fait pour le mieux. Pour l'instant. Le CEP n'est pas complet, la loi électorale n'est pas votée, l'air du temps n'est pas encore à la course électorale. Les semaines à venir devront nous éclairer pour la suite. En attendant, le porte-parole du Premier ministre Laurent Lamothe a confirmé ce lundi en conférence de presse que le gouvernement réfléchit à un changement parmi ses représentants au sein du CEP. Emmanuel Ménard serait sur le départ. Parmi les noms cités pour le remplacer, celui de Pierre Richard Casimir revient avec insistance. Ballon d'essai ou bourde? Michel Brunache, en bon porte-parole, a assuré que l'ancien ministre des Affaires étrangères a toutes les qualités pour siéger au sein de l'organisme électoral. Toutes? Oui. Sauf une. L'apparence de la neutralité. Sorti du gouvernement il n'y a pas deux mois, un ancien ministre peut-il donner toutes les garanties de neutralité pour la machine électorale? Ce lundi, un autre dossier requérant des choix délicats a refait surface. Il s'agit des juges à nommer dans les différentes juridictions du pays. Le dossier traîne. Fait la navette entre le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ ) et le Ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP). A la veille des élections, le choix de chaque juge peut avoir des incidences insoupçonnées sur l'issue du scrutin. Déjà qu'en temps normal un juge est une personnalité importante dans la machine de la justice, au temps des élections, pour délivrer un certificat de bonnes vie et mœurs ou pour dresser le procès-verbal d'une infraction le jour du vote, chaque candidat et chaque autorité veut avoir un magistrat dans sa manche. Comme pour le Conseil électoral, les nominations dans l'appareil judiciaire sont délicates. Dans la police aussi, des changements sont opérés. Toutes les autorités affirment la main sur le cœur que les transferts et les révocations n'ont aucun rapport avec aucun des scénarios évoqués par les observateurs curieux. Ce n'est que dans l'ordre des choses que la haute hiérarchie de la PNH exerce son droit le plus entier de déplacer des pions sur son grand échiquier. Hier chef, demain sous le manguier de la Direction générale, personne ne peut croire que cela arrive par hasard dans la carrière d'un haut gradé. Là encore, il y a un équilibre délicat. La police nationale est une pyramide en équilibre sur un fil. Le choix de qui doit être ici ou là en temps troublé ou susceptible de l'être relève de la haute stratégie. Dernière liste en circulation ce lundi et qui souligne ô combien aucune décision n'est facile, la liste des prisonniers que le ministre de la Justice et de la Sécurité publique veut élargir. Le RNDDH dénonce déjà la présence sur la liste de près d'un millier de noms de criminels condamnés à des peines de 30 ans de prison par exemple. La difficulté de choisir est évidente. Qui garder en prison ? qui libérer ? cela peut vous emmêler les pinceaux. Là encore, comme en tout, en Haïti, en l'absence de règles clairement établies, nous errons.