C’est avec 13 jeunes, étudiants et professionnels, d’Haïti et de la diaspora, qu’a été lancé un programme de stage à l’appellation ambitieuse « Futurs Leaders d’Haïti », lundi dernier.
Pour la première fois, sous le patronage du président de la République, mais aussi et surtout des universités haïtiennes, on a fait choix de stagiaires pour partir à la découverte de la capitale américaine et des institutions internationales qui y logent. D’autres stagiaires, issus de la diaspora, sont placés dans les ministères et dans les lieux de pouvoir en Haïti pour un chassé-croisé formateur.
Dans les deux sens, des jeunes, choisis selon leurs compétences, vont découvrir pendant deux mois les mécanismes de prise de décision des deux capitales, tout au moins en voir l’éclat, les mirages, le faste ou la décadence.
Les 13 futurs leaders pourront ensuite prendre des décisions en ayant vécu à l’intérieur ou très près de la machine à fabriquer du rêve et des résultats des deux pays. Sortir de l’université et faire ce plongeon peut être très formateur ou définitivement déstabilisant.
Si l’ambassadeur Paul Altidor est l’initiateur de ce programme de stage, c’est le ministère des Affaires étrangères qui va coiffer la première promotion baptisée Classe Anténor Firmin.
Il serait de bon ton que dans d’autres capitales, Haïti envoie des stagiaires. Issus de concours réalisés par les universités elles-mêmes pour éviter que le copinage ne détourne cette initiative de son cours, nos stagiaires auraient beaucoup à apprendre.
Des jeunes diplômés de la diaspora, brillants et ambitieux, choisis tout aussi rigoureusement, pourraient aussi venir peupler les couloirs de nos administrations.
Haïti manque de cadres dévoués et informés de la manière dont les choses se passent ailleurs. L’administration publique est devenue un petit désert où la routine a remplacé l’innovation et la compétence. Un peu de concurrence ne nous ferait pas de mal pour secouer l’expérience indolente de son cocotier.
Un peu de sang neuf, une infusion de transfuges, un échange, rien de tout cela ne nous ferait de mal. Rien qu’exposer l’administration publique haïtienne aux regards frais et critiques de jeunes venus d’ailleurs serait un remède au laisser-aller ambiant. Et pourquoi pas étendre l’expérience au secteur privé ?
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