Le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié cette semaine les noms des partis politiques inscrits (jusqu’à date) pour participer aux élections annoncées pour octobre prochain. Ils sont 108, les partis politiques de la liste. Les 108 appellations contrôlées de notre monde démocratique déclenchent le sourire, le rire ou la commisération à l’énoncé de leur marque de commerce.
Dans les rangs de ces formations, il y en a qui traînent leurs ambitions depuis des décennies sur l’échiquier politique. Elles veulent participer ou participent à la gouvernance de la cité. Au gré des marées.
D’autres sont d’illustres inconnues desquelles la presse n’a jamais reçu la moindre note. Si elles n’ont pas fait le premier pas de la vie médiatique, comment vont-elles participer et gagner les élections ? Ne posez pas la question, l’exercice du pouvoir n’est pas l’objet du désir de tous les partis politiques. Certains se contentent d’exister, et comme un pêcheur jette ses filets à la mer, ils attendent que la Providence ou le hasard assurent leur subsistance.
A chaque fois que des élections sont convoquées, les dirigeants de partis politiques sortent de grandes enveloppes jaunes, de valises rebondies ou de dessous leur matelas, les pièces indispensables à l’inscription de leur organisation. Organisation est un bien grand mot d’ailleurs.
Il existe ceux qui pensent que la victoire aux élections leur revient de droit. Ils cherchent toujours un prétexte pour ne pas prendre part à la course. Ils dénoncent à l’avance les farces et attrapes du pouvoir en place et de ses alliés. Ne les cherchez pas dans la liste des 108. Ils n’y sont pas. Quand ils ne sont pas exclus, ils s’excluent.
Enfin, il y a le pouvoir et ses affidés. Ils s’inscrivent sur plusieurs appellations : alliance, association, bloc, camp, cartel, club, coalition, confédération, fédération, front, groupe, groupement, ligue, mouvement, organisation, rapprochement, rassemblement, union, plateforme, etc., era.
Ils se présentent sous mille noms. Avec un but unique : gagner. Ensuite on verra comment écrire le programme commun, les lignes directrices et les principes de gouvernance de la prochaine nébuleuse.
Haïti, depuis que nous tenons des élections pour tous les postes du pouvoir, n’a jamais pu faire mieux. Alors, si la liste des 108 vous fait prendre en pitié la prochaine législature ou provoque chez vous de l’amusement, sachez que c’est du très sérieux qui se joue, là sous vos yeux. En un mot, votre avenir est dans cette liste.
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