Une société, pour avancer, a besoin d’architecte au sens propre comme au sens figuré pour inventer de nouveaux modèles plus que pour simplement construire sur l’existant. L’exemple de Malala, la jeune Pakistanaise lauréate du prix Nobel de la paix 2014 décerné ce vendredi à Oslo, est édifiant de ce point de vue. Quelle plus belle image que ce symbole qu’elle est devenue ? Une enfant se bat pour que les petites filles aillent à l’école, les talibans attentent à la vie, elle survit, persévère, devient un modèle et, à 17 ans, reçoit le prix Nobel. Waouh !!!! Malala était en classe, en Angleterre où elle vit depuis qu’elle a dû fuir son pays, quand l’annonce du comité Nobel a été faite. Après ses cours, sa première déclaration est éloquente quant à son niveau de conscience : «Ce prix est celui de tous les enfants sans voix dont les voix doivent être entendues. Ils ont le droit à une éducation de qualité. Ils ont le droit de ne pas souffrir du travail des enfants, de ne pas souffrir du trafic des enfants. Ils ont le droit de vivre heureux.» Comme elle, le corécipiendaire du prix Nobel 2014 intervient sur les enfants. Kailah Satyarthi, un homme de 60 ans, est à l'avant-plan d'un mouvement mondial qui lutte contre l'esclavage et l'exploitation des enfants depuis 1980, quand il a renoncé à sa carrière d'ingénieur électrique. Le militant a secouru des dizaines de milliers d'enfants et mis sur pied un modèle pour leur éducation et leur réadaptation. Il a aussi survécu à de nombreuses tentatives d'assassinat, rapporte les médias étrangers. En Haïti, il nous faudrait des porte-étendards pour chaque cause. Nous sommes en retard de plusieurs guerres. Dans un autre registre, le journal Les Echos a présenté cette semaine, dans un court article multimédia truffé de mini-clips vidéos, une sorte de rétrospective de l’œuvre de l’architecte américano-canadien Frank Gehry. L’article présente sous le titre « Architecture : pourquoi Frank Gehry est-il révolutionnaire ? » cinq œuvres marquantes du monsieur de 85 ans. La première œuvre est une maison iconique qu’il a réalisée en 1977 avec moins de 50.000 dollars en transformant son pavillon de Santa Monica. Gehry y a fait du neuf avec du vieux en enveloppant sa maison de tôle, d’une résille métallique et de contreplaqué brut, explique le journal. « Cette maison « low cost » deviendra son emblème dans le monde entier. Coup de pub magistral », salue Les Echos. Volant de succès en succès, Franck Gehry construit en 1997, à Bilbao, le Guggenheim Museum. Il relance la ville en lui offrant une curiosité et une attraction. Depuis 2006, il a la charge de faire sortir de terre le musée Guggenheim d’Abu Dhabi qui sera inauguré en 2017. Son projet d’extension de Brooklyn dénommé Atlantic Yards Project (New York, 2008) change lentement, mais radicalement, le destin de ce borough de New York délaissé depuis des décennies. Le dernier projet emblématique de Franck Gehry que le journal a décidé de mettre en exergue parmi les centaines de constructions imaginées par cet architecte de génie est une salle de conférence encastrée dans une forme en tête de cheval située dans un austère immeuble de la DZ Bank à Berlin. Quel architecte à émergé en Haïti prés de cinq ans après le séisme du 12 janvier 2010 ? Qui est l’icône de la reconstruction ? Quelle est la forme, le monument, le bâtiment qui nous fera sortir de l’âge du prese, prese pito nou lèd nou la ? Nous ne travaillons ni pour le prochain prix Nobel ni pour un pays plus harmonieux et beau.