Plusieurs évènements cette semaine devraient retenir notre attention. Nous demander plus que la recherche d’une raison d’en rire ou de nous maudire. Ils sont significatifs de failles ici et là. L’interview du président Michel Martelly sur TV5 Monde a ouvert le bal. On a beaucoup dit sur la performance. Pas assez sur les non-dits. Sur les réponses évasives. Sur les pointillés de cet avenir si incertain d’après le 12 janvier 2015. Pour clôturer la semaine, le Premier ministre a été honoré, vendredi. Un média, Latin Trade, l’a déclaré « leader innovant de l’Amérique latine ». Ce même vendredi, le président Michel Martelly a poursuivi les consultations autour de la crise préélectorale. Tout porte à croire que nous allons dans le bon sens de l’histoire. Entre ces deux points forts, Miss Haïti a fait naufrage. Après un concours en dents de scie, le comité organisateur et la gagnante se séparent en complet désaccord. Cela fait une belle fournée de concours ratés depuis quatre ans. Même la recherche de la beauté finit dans la laideur. Dommage. Les inondations, au Cap-Haïtien et dans d’autres villes du pays, ont été l’occasion de reconfirmer que de nombreux Haïtiens habitent des quartiers précaires. Les pansements appliqués, à grand renfort de distributions, d’aliments et autres produits de première nécessité, orchestrées par le gouvernement, ne changeront rien à la réalité des sinistrés. Les pieds dans l’eau, la tête au soleil, ils continueront d’habiter le rêve d’être chez eux sans l’apport des pouvoirs publics avant les catastrophes. L’éducation a fait l’objet d’un Conseil de gouvernement, cette semaine. Les mesures se suivent pour essayer de contenir la débâcle. Elle remonte à loin, la débâcle. Les sublimes va-nu-pieds ne savaient pas lire. Leurs enfants ont appris sans jamais pouvoir former une élite. Depuis près d’un siècle, quel chef d’Etat haïtien a placé ses enfants dans l’établissement scolaire qu’il a fréquenté ? Comment comprendre cette recherche du meilleur ailleurs… Quand ceux qui sont chargés de bien faire marcher l’éducation y croient si peu, n’inscrivent pas leurs enfants dans les écoles publiques ou esquivent le système haïtien d’enseignement, à quoi devons-nous nous attendre ? La République dominicaine et les Bahamas durcissent leur politique migratoire envers les Haïtiens. Ces deux pays sont des amis et les chouchous de la diplomatie Tèt Kale. Et pourtant, les Haïtiens ne sont plus les bienvenus chez eux. Autant nos dirigeants se prélassent à Santo Domingo ou à Nassau, autant nos compatriotes sont poussés vers la sortie dans ces pays. Quelque chose ne tourne pas rond. Toujours cette semaine, l’Office national d’identification a pris le chemin des Etats-Unis d’Amérique pour présenter son plan de doter les ressortissants haïtiens ou d’origine haïtienne d’une carte d’identification nationale. On a clairement fait ressortir la perspective pour la diaspora de voter aux prochaines élections. C’est bien et ce sera beau. Sauf qu’il y a un hic. Seul le Conseil électoral a le droit de dire qui votera et où lors des prochaines élections. Déjà que cet organisme, le CEP, devrait être le seul autorisé à émettre la carte électorale. La réalisation des prochaines élections est plus problématique qu’on ne le croit. Le football a été à l’honneur. Avec tapis rouge pour les champions, le Premier ministre Laurent Lamothe a reçu l’équipe nationale U17. Après les propos désobligeants envers le football du président Michel Martelly lors de l’inauguration du centre sportif olympique de la route 9, le sport national attend encore de savoir quelle discipline recueillera l’attention soutenue des responsables. Pendant ce temps, le si beau et si cher parc olympique de Canaan prend de l’eau de toutes parts, ne sera bon à rien d’ici quelques pluies si rien n’est fait. Quelle semaine !!! Qui peut dire quand nous cesserons de préparer nos échecs ? Personne. Nous sommes assis sur un réseau de failles et faisons comme si nous ne sommes pas au courant.