A l'issue d'une journée ubuesque, la réunion dénommée pompeusement "Rencontre d’État", entre le gouvernement et les partis politiques, qui voulaient en quelque heures mettre sous un couvert des ego et des ambitions nourris depuis des années, a accouché d'une toute petite spermatozoïde.
En un mot, l'idée de porter les partis politiques à se regrouper pour en réduire le nombre a fait son chemin, mais n'a donné naissance ni à une souris ni à un grand projet.
Certains diront que penser offrir une chaise et un repas au buffet de l'hôtel Oasis allaient suffire pour porter les politiciens à s'unir était un manque d'égard aux capacités de persuasion des uns et d’accommodement des autres. Nous n'irons pas jusque-là.
Le constat est pourtant implacable: le gouvernement est en plein déni. Et les politiciens ont profité de cette tribune pour remettre en cause le calendrier électoral.
Officiellement, il y a 172 partis politiques inscrits légalement au ministère de la Justice. Comment des officiels du CEP ou de l’État peuvent-ils s'étonner de les retrouver disponibles pour compétitionner aux prochaines élections?
Ils ne sont que 126 à avoir passer le crible des vérifications des pièces. De ce nombre, une centaine ne sont pas de vrais partis politiques.
Cependant, comment, après l'élection de Michel Martelly en 2011, lui qui n'était pas un politicien en activité ouverte et qui n'était d'aucun parti politique, peut-on s'étonner que la vocation de se faire élire n'a pas faibli?
Comment peut-on feindre de ne pas voir dans la loi sur les partis politiques et le décret électoral tous les appâts financiers pour encourager le plus grand nombre à vouloir toucher la fameuse prime de participation qui est offerte ou sera octroyée?
Il faut faire très attention à des tentations qui sont de mauvaises bonnes solutions.
La première est de vouloir artificiellement réduire le nombre de participants aux élections. La seconde, comme nous l'a fait remarquer un lecteur avisé du Nouvelliste, est de suivre la suggestion d'offrir de l’argent aux partis pour qu’ils désistent. Une sorte de prime à l’instar des lignes d’aviation lorsqu’elles acceptent plus de passagers que le nombre de sièges disponibles.
Ce serait une grave erreur qui augmenterait encore davantage le nombre de partis politiques aux prochaines élections.
Enfin, il transpire des préoccupations exprimées par des gens de bonne foi l'envie d'une démocratie au second degré, avec un petit nombre de candidats sélects et bien sous tous les rapports et de quelques grands électeurs très inspirés qui choisiraient nos prochains « élus ».
Les élections deviendraient alors simples et faciles à faire.
Mais voilà, ce ne sont pas les options inscrites, pour le moment dans la Constitution et dans les lois en vigueur.
Ne tombons pas dans les fausses bonnes solutions parce que nous n'avons pas réalisé les élections périodiquement et parce que nous doutons légitimement de nos capacités d'organisation.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.