N’étant pas une institution permanente, le Conseil électoral provisoire doit, à chaque scrutin, se trouver une loi électorale, recommencer à recruter, se rééquiper et remettre en route une machine mi-neuve mi-usée. Pierre Louis Opont, président de l’actuel CEP, intervenant sur une station de radio de la capitale, a souligné, jeudi, que le Conseil électoral a le malheur, à chaque fois, de partir de rien. De presque rien.
De presque rien, car autour du berceau de chaque nouvelle fournée de conseillers électoraux, il y a des organisations non gouvernementales, des institutions politiques de nos pays amis, des extensions des organes de l’ONU, de l’OEA, de l’Union européenne et des conseillers d’ambassades qui sont à l’affût pour apporter conseils, supports, appuis, directives, outils de surveillance.
Il y a aussi des techniciens, des avocats, des arrangeurs d’affaires, des profiteurs de circonstances bien implantés sur le terrain politique haïtien qui tripatouillent pour régler la machine à leur convenance, au gré de leurs desseins.
Il y a surtout une myriade d’experts en tous sujets qui vont et reviennent depuis que des élections sont tenues en Haïti sous l’égide de la Constitution de 1987. Ce ne sont pas toujours les mêmes experts, mais immanquablement les mêmes expertises que l’on propose au CEP pour des élections réussies.
Tout serait parfait dans le meilleur des mondes si, plus souvent que de raison, le train des élections ne déraillait pas. Ni les millions, de plus en plus nombreux, ni l’abondante huile des experts ne garantissent la réussite de cette complexe équation que deviennent d’année en année les élections en Haïti.
A côté du Conseil électoral, de nos amis interventionnistes et du personnel technico-administratif, la partition jouée par le pouvoir politique en place lors des scrutins détermine aussi le sort de la bataille. L’exécutif haïtien, en étant rarement neutre, fait pencher la balance, détraque le processus, coule la barque à l’occasion, obtenant l’inverse de ses intentions, à chaque fois qu’il pèse trop fort sur le jeu électoral.
Pour ce qu’il s’agit des candidats et partis politiques, il faut le reconnaître, ils sont la dernière roue de la brouette.
En cette année 2015, pour des élections parfaites ou tout au moins acceptables, il faudra que le dosage : CEP compétent, experts affûtés, pays amis et exécutif au-dessus de tout soupçon, soit à point.
Les vieux démons surveillent, prêts à bondir sur chaque parcelle d’erreur. Le CEP en premier, a pour mission de les mettre en déroute. Pierre Louis Opont a promis que la machine électorale s’améliorera au fil des jours, que lui et les autres conseillers feront tout pour réussir le pari très risqué des élections de 2015.
Mesdames et messieurs les conseillers/ères, aucune embûche ne vous sera épargnée.
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