Mis à part ce premier faux pas du Conseil électoral provisoire dans la publication de la liste des candidats agréés pour les législatives, le processus inspire confiance sur la question de motivation politique. Aucun parti politique ni aucun candidat aux postes législatifs ne peut attribuer jusqu’à présent l’épithète de partisan à ce Conseil issu de la Commission consultative du mois de décembre 2014. Le manque de communication et de planification de l’institution électorale est à la base du rejet d’un nombre important de candidats aux législatives, en raison, d’une part, du retard pris par le Service de l’immigration pour acheminer au dit Conseil les certificats de citoyenneté de la plupart de candidats et, d’autre part, du manque de communication entre la direction du CEP et les Bureaux électoraux départementaux pour demander aux candidats de faire certifier auprès des notaires les copies de leurs titres de propriété.
Cette semaine, le cap est mis sur la présidentielle avec 24 candidats qui ont fait le dépôt de leurs pièces au siège du Bureau électoral départemental sur 56 candidats qui se sont inscrits en ligne. Le processus doit toucher à sa fin ce mercredi, en attendant la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle de cette année. Tout porte à croire que le nombre de candidats inscrits n’atteindra pas 70 comparativement au nombre de partis politiques, enregistrés au Conseil électoral provisoire. La plupart des chefs de partis politiques qui ont échoué en 2006 et en 2010, seront encore dans la course. Comme chaque année, de nouvelles figures sans notoriété ni passé politique seront dans la course à la présidence. Selon toute vraisemblance, la loi sur les partis politiques de 2013, qui favorise le pullulement de partis politiques, est responsable de cette pléthore de candidats à la présidence.
La semaine prochaine sera réservée aux collectivités territoriales. Les délégués de ville, les membres des Assemblées des sections communales (Asec), les Conseil d’administration des sections communales (Casec) et les Conseils municipaux seront au rendez-vous pour faire le dépôt de leurs pièces. Le nombre de candidats pour l’ensemble des scrutins de cette année sera vraiment énorme. Avec ce qui vient de se passer à Petit-Goâve, où le siège du Bureau électoral communal a été incendié après la publication de la liste des candidats agréés aux législatives, les autorités policières doivent être plus vigilantes dans la perspective de la publication de la liste définitive pour la présidentielle. Il demeure entendu que cette ville est à classer dans la catégorie des plus violentes du pays depuis les quatorze dernières années. A une situation spéciale nécessite des mesures spéciales.
La position et l’engagement de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), dans l’organisation de ces joutes, sont de nature à déterminer si les pays amis d’Haïti prennent leur distance par rapport au processus afin de préparer une situation chaotique ou gardent-ils leur neutralité par rapport au désordre qu’ils avaient créé en 2010 avec l’Organisation des Etats américains ?
Quel fil conducteur nous permettra de saisir à temps la position de ces pays dans le cadre de ces joutes ?
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