Selon l’encyclopédie libre en ligne Wikipédia, « Le réalisme merveilleux est une notion de critique littéraire ou de critique d’art qui se réfère à des productions artistiques dans lesquelles la représentation du réel est fortement teintée par le merveilleux… ». Fort de cette définition, on peut dire que l’actualité haïtienne de ces derniers jours n’a rien de merveilleux. Tout y est d’un réalisme implacable.
Michel Martelly, en expliquant, lundi, les raisons de son éloignement de son ami et frère Laurent Lamothe a fait preuve de réalisme. Le président s’est rendu compte qu’il ne pourrait pas à la fois sauver la fin de son mandat et préempter l’avenir en faveur de ses plus proches amis, parents et alliés.
Wilson Laleau, en expliquant, mardi, que l’on ne peut pas passer notre temps ni épuiser nos maigres ressources à chercher à contenir l’évolution naturelle du taux de change vers la dépréciation, a fait preuve de réalisme. Si nous ne produisons pas, n’exportons pas, ne réduisons pas nos consommations de biens importés, il est illusoire de vouloir protéger la gourde.
En acceptant la décision de la République dominicaine d’expulser les ressortissants haïtiens en situation illégale de son territoire, Haïti se réveille ce mercredi en face d’une dure réalité, même si cela nous déplaît. Le gouvernement ne peut que négocier avec les Dominicains car ces dernières années Haïti s’est livrée corps et âmes à eux et a perdu tous les leviers d’une négociation équitable.
Haïti a signé cette semaine, une nouvelle fois, la présence, sur le territoire et dans le processus électoral, d’une mission de l’Organisation des Etats américains. L’OEA, si elle revient avec ses sabots et ses méthodes, ne fera pas preuve de réalisme, car les choses risquent de ne plus se passer pareil qu’en 2010, maintenant que l’on sait que tout un chacun peut voler une élection.
La notion de réalisme merveilleux apparut pour la première fois « dans une communication de l’écrivain Jacques Stephen Alexis au cours de la première Conférence internationale des écrivains et artistes noirs, à Paris, en 1956. Manifestement inspiré par la notion de “real maravilloso” promue par le Cubain Alejo Carpentier dans le prologue de son roman Le Royaume de ce monde (1949), Alexis tâchait de réconcilier les impératifs du réalisme social et les caractéristiques de l’art populaire haïtien», explique Wikipédia.
Qui expliquera aux responsables politiques que nous désirons aussi un peu de merveilleux dans nos quotidiens?
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.