Il y a comme un air de déjà-vu qui flotte sur le pays. Nous sommes en train d’exciter les passions pour aller aux urnes sans trop savoir ce qui nous attend au bout du tunnel.
Dans moins d’un mois, lorsque vous lirez ces lignes, le premier tour de la présidentielle sera bouclé. C’est ce qui se dit, même si, plus d’un mois et demi après les élections législatives du 9 août, le Conseil électoral n’est toujours pas en mesure de proclamer les résultats définitifs. Cela alimente toutes les rumeurs de fraudes, de falsification, de correction que l’on peut imaginer.
Le Conseil électoral n’a pas non plus tranché sur les cas de violence ni sur les faiblesses de l’appareil sécuritaire constatés le 9 août. Les retards pris dans l’annonce des mesures correctrices font craindre que nous ne soyons pas encore prêts pour retourner aux urnes.
Plus important que ce qu’on attend des neuf supermen du CEP dont on découvre chaque jour un peu plus qu’ils ne sont pas les super héros dont nous rêvions, il est une évidence que tenir des élections est un puzzle complexe.
Le Conseil électoral, on a fini par le comprendre, ce ne sont pas seulement les neuf membres, tout-puissants soient-ils, mais aussi une machine composée de milliers de personnes, depuis les membres des bureaux de vote jusqu’aux membres des cabinets particuliers pléthoriques de chaque conseiller.
Chaque microscopique grain de sable dans la machine électorale a assez de pouvoir pour faire dérailler le mécanisme. Chaque candidat ou partisan de candidat peut bousiller un centre de vote ou toute une circonscription le jour de l’élection. Chaque policier, chaque greffier, chaque juge peut biaiser le jugement qui sera rendu sur le processus électoral. Chaque électeur, en s’abstenant ou en participant, pèse sur les résultats.
Une élection réussie est comme une recette de cuisine exécutée à la perfection. Quand le plat est servi, journalistes, observateurs, diplomates ont encore leur mot à dire.
Ajoutez à cela les ingrédients secrets de chaque acteur : magouilles, violence, corruption ou foule en délire.
D’ici au 25 octobre et les jours d’après, il peut se passer bien des choses comme à chaque fois que des élections se tiennent en Haïti.
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