Le fameux philosophe français Roger Pol-Droit publia, il y a 5 ans, un livre intitulé : ''Si seulement j'avais une heure de vie''. Je ne prétends, en aucune manière, émuler l'éminent penseur, un homme de cette stature intellectuelle, ce serait une vanité de ma part, un délire pour être plus exact. Le titre de l'oeuvre m'impacta, surtout parce que j'étais à la veille d'une importante intervention chirurgicale, qui, a posteriori se révéla très problématique, à cause des multiples complications qu'elle entraîna. J'étais très angoissé, voyant comment ma vie pourrait s'achever, circonstance que soulagea la femme qui se trouvait à mon chevet, mon couple d´alors, qui remplit un rôle très pertinent, admirable, caractérisé par son complet dévouement et son désintéressement ; une dame avec une estimable condition humaine, à qui je ne cesserai de manifester ma sincère gratitude.
Ces jours de pandémie qui ont occasioné une mortalité du Covid-19, la désolation de nombreuses familles, ou peut-être aussi les fluctuations de mon état d'âme, ont été probablement les motifs qui ont fait revenir à mon esprit ce livre, avec un titre aussi voyant que lugubre. Pour éviter toute velleité de comparer cet écrit avec celui de Pol-Droit, je décidai de substituer l'heure par soixante douze heures, c'est-à-dire trois jours. Omne Trinum perfectum, tout ce qui est trois, est parfait, dit la locution latine. Entre autres choses, durant trois jours, il existe une marge pour s'administrer et organiser le temps qu'il reste à vivre, bien qu'il soit également court. En réalité, ce n'est pas parce que je vais être de nouveau soumis à une nouvelle opération, ou que je sois dans l'immédiat condamné à mourir, mais plutôt pour l´intérêt que je porte à ce sujet et qui me pousse à élaborer quelques réflexions autour de la mort, un vocable maudit qui fait courir et effraie la majeure partie d'entre nous ; ce processus biologique auquel s'affronte inexorablement tout être humain, comme la conséquence d'une maladie, ou de causes naturelles dérivées de l'âge avancé, exceptions faites des morts prématurées survenues par un accident de circulation, aérien ou maritime, ou produit de catastrophes naturelles, d'un crime ou de n'importe quelle autre circonstance qui puisse m'échapper. Ah, j'oubliais le fait traumatisant de quelqu´un qui, volontairement ou délibérément, décide, pour une raison quelconque, de mettre fin à son existence. Mais il y a quelque chose de certain : ”La mort a des rigueurs à nulle autre pareille” avait écrit le poète français François de Malherbe. En ce moment, je me sentirais assailli par plusieurs questions et l'une d'elles serait si il y a une vie après la mort, il existe diverses théories sur le particulier et je ne suis pas un connaisseur en la matière. Par conséquent, je n´oserai pas émettre une opinion sur ce sujet.
La mort est vécue de différentes manières, selon les cultures. Je me souviens avoir vu, il ya des années, un film du défunt et fameux metteur en scène japonais, Akira Kurosawa, dans lequel la mort d'un vieillard, dans un village de son pays, était célébrée par la famille, et par l'entourage qui avait assisté aux funérailles et qui acccompagnait le cercueil au cimetière,en chantant et en dansant. C'était un évènement joyeux, quelque chose impensable et qui provoquerait un grand étonnement, et un manque de respect envers le mort dans notre culture. Dans la société occidentale, la mort est expérimentée comme une tragédie et on ne reçoit aucune instruction qui puisse nous guider su la manière d´aborder cette transe, qui tôt ou tard, nous frappe à tous. Elle n'est pas non plus conçue de la même manière dans des cultures, en principe, similaires. Dans mon pays, par exemple Haïti, les enfants à leur manière veillent aussi les morts et participent dans tous les rituels et cérémonies qui accompagnent le décès d´un être cher ou d´un parent, courant et jouant avec toute la simplicité et l´innocence qui sont propres à leur âge. Ce qui évidemment accoutume les enfants, à faire face depuis leur tendre enfance à un processus cruel, inintelligible, pour eux, mais qui les aidera, je crois, dans le futur à considérer cet évènement comme quelque chose de naturel, de consubstantiel, aidé par les explications des parents qui d'habitude essaient d´adoucir la perte, qu'il s´agisse de parents, de grand-pères, de frères etc., Dans mon cas, quand décéda ma grand- mère maternelle, qui vivait avec nous, à peine j'avais 8 ou 9 ans, je me souviens qu´is me firent chercher de l´école.





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