Seuls les médias sociaux seraient à même de garantir la liberté de communication. Ici, il ne s'agit nullement de la liberté de la presse, laquelle correspond à cette liberté qui tiendrait compte de la souveraineté des journalistes. La liberté de communication répond plutôt au loisir « … pour chaque citoyen, à pouvoir inscrire un thème de discussion publique à l'ordre du jour de l'agenda politique » (Ferry, 1994 : 32). Ce loisir est repris des mains des acteurs sociaux sur-représentés et des médias traditionnels avec lesquels ils agissent de concert et qui se disent malgré eux les maîtres de l’opinion. Ils sont obligés de rejoindre les médias sociaux pour récupérer/gagner en audience et tenter de rattraper le rythme de circulation de l’information. Mais la liberté de communication que confèrent les médias sociaux domine, attendu qu'elle crée les conditions nécessaires et suffisantes à l'émergence de mouvements populaires spontanés et/ou réfléchis qui sont parfois indépendants des politiques et des leaders d'opinion aux intérêts particuliers bien gardés.
Par ailleurs, tout me porte à croire que les médias sociaux forment des espaces de discussion publique permettant à l'autre de se dire sans craindre une forme de censure éditoriale semblable à celle des médias traditionnels. Au travers des médias sociaux, la censure privilégiée dépend plutôt de frontières imposées par les multinationales comme le groupe Meta, lesquelles protègent tant bien que mal des systèmes de valeurs occidentales et le sens moral qui en émane. Ceci étant, celui qui émet un message sur ces plateformes est obligé de placer un bip sur certains mots ou de flouter certaines images, de telle sorte à ne pas porter atteinte à la sensibilité de quelques personnes et pour empêcher que sa publication soit effacée par les administrateurs de la plateforme ou encore d'être traîné en justice à cause de l'effet de sa publication.
Dans des pays avec un État fort, il est également coutume de limiter l'utilisation des médias sociaux ou bien d’en censurer certaines publications selon des critères propres à cet État. Sont exclus les incitations à la violence, certains propos désobligeants, des vidéos de scènes de crime ou de sexe, ou encore l’exhibition. Peuvent être aussi exclus des propos qui remettent en question l'autorité politique au travers de cet État ou qui s'opposent au système de valeurs propres à cet État. Et si c'est un média social qui semble sortir du lot, il est rappelé à l’ordre (l’on se souvient du procès de Tiktok). Il faut aussi souligner que la censure sur les médias sociaux peut être exercée par un groupe de personnes ayant des intérêts en commun et qui s’exercent comme une collectivité. Les conséquences sont les campagnes de désabonnement ou de dénigrement, par exemple.





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