EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

De la liberté de communiquer sur les médias sociaux

LN
Le Nouvelliste

September 11, 2023 · Lecture : 6 min

🇫🇷Lire en français
Suivre sur Google Actualités

Seuls les médias sociaux seraient à même de garantir la liberté de communication. Ici, il ne s'agit nullement de la liberté de la presse, laquelle correspond à cette liberté qui tiendrait compte de la souveraineté des journalistes. La liberté de communication répond plutôt au loisir « … pour chaque citoyen, à pouvoir inscrire un thème de discussion publique à l'ordre du jour de l'agenda politique » (Ferry, 1994 : 32). Ce loisir est repris des mains des acteurs sociaux sur-représentés et des médias traditionnels avec lesquels ils agissent de concert et qui se disent malgré eux les maîtres de l’opinion. Ils sont obligés de rejoindre les médias sociaux pour récupérer/gagner en audience et tenter de rattraper le rythme de circulation de l’information. Mais la liberté de communication que confèrent les médias sociaux domine, attendu qu'elle crée les conditions nécessaires et suffisantes à l'émergence de mouvements populaires spontanés et/ou  réfléchis qui sont parfois indépendants des politiques et des leaders d'opinion aux intérêts particuliers bien gardés.

Par ailleurs, tout me porte à croire que les médias sociaux forment des espaces de discussion publique permettant à l'autre de se dire sans craindre une forme de censure éditoriale semblable à celle des médias traditionnels. Au travers des médias sociaux, la censure privilégiée dépend plutôt de frontières imposées par les multinationales comme le groupe Meta, lesquelles protègent tant bien que mal des systèmes de valeurs occidentales et le sens moral qui en émane. Ceci étant, celui qui émet un message sur ces plateformes est obligé de placer un bip sur certains mots ou de flouter certaines images, de telle sorte à ne pas porter atteinte à la sensibilité de quelques personnes et pour empêcher que sa publication soit effacée par les administrateurs de la plateforme ou encore d'être traîné en justice à cause de l'effet de sa publication.

Dans des pays avec un État fort, il est également coutume de limiter l'utilisation des médias sociaux ou bien d’en censurer certaines publications selon des critères propres à cet État. Sont exclus les incitations à la violence, certains propos désobligeants, des vidéos de scènes de crime ou de sexe, ou encore l’exhibition. Peuvent être aussi exclus des propos qui remettent en question l'autorité politique au travers de cet État ou qui s'opposent au système de valeurs propres à cet État. Et si c'est un média social qui semble sortir du lot, il est rappelé à l’ordre (l’on se souvient du procès de Tiktok). Il faut aussi souligner que la censure sur les médias sociaux peut être exercée par un groupe de personnes ayant des intérêts en commun et qui s’exercent comme une collectivité. Les conséquences sont les campagnes de désabonnement ou de dénigrement, par exemple.

300 × 250

Mais il n'empêche que les médias sociaux constituent une alternative par rapport aux médias traditionnels comme la télévision, la radio ou encore la presse écrite, dans la mesure où les médias sociaux ouvrent la voie à la liberté de communication. Certes, c’est une liberté de mieux en mieux maitrisée/muselée. Et souventes fois, cette liberté est juste tournée en faveur d'une campagne, en n'admettant plus l'idée de nuancer ou de ne pas se plier, sous peine d'être traité d'homophobe ou de mysogine. Le cas des campagnes favorables aux personnes queer ou aux féministes, par exemple. L’enjeu qui peut déterminer les facteurs d’influence ici, c’est le souci de paraître. Que dois-je faire pour paraître sur Twitter ?

À la différence des médias sociaux qui privilégient le paraitre, les médias traditionnels sont souvent centrés sur les intérêts de personnes qui jouissent de positions favorables dans la hiérarchie sociale, que ce soit par le prestige, que ce soit par le pouvoir ou bien l'argent, trois valeurs cardinales du monde social. Et les personnes sans ressources, quant à elles, sont tapies au pied des hiérarchies sociales où elles ont été piétinées depuis plusieurs siècles d'histoire qui les ont vu geindre sous le poids d'un mépris social abject. Ainsi, le paraitre s’érige comme une quatrième valeur cardinale offrant la possibilité à ces dernières d’émerger dans les sociétés en devenant influenceurs. En donnant une voix aux acteurs de différentes couches sociales et de tout acabit, les médias sociaux rendent possible les Khaby Lame sur Tiktok et les Blondedine Ferdinand au grand dam des spécialistes en marketing. Ceci étant, les médias sociaux sont, jusqu’à présent, des espaces de discussion publique, sans nécessairement avoir besoin d'un journaliste pour rapporter ses dires ni d'une salle de nouvelles pour traiter l'information recueillie et en disposer ou pas selon les critères d’édition du journal. Puisque la communication sur les médias sociaux est libre, l'information l'est tout aussi et avec ces libertés de communiquer et d'informer le risque d'intoxication augmente le plus sérieusement. Il en impute à la portée de la démocratie. Car, en effet, il n'est  « pas de démocratie possible sans un bon réseau de communication et sans le maximum d'informations libres » (Ramonet, 2017 : 40). Ainsi, tous les acteurs sociaux sont en mesure de rendre publiques leurs paroles, sans avoir besoin d’un porte-voix pour en filtrer la teneur et indépendamment de leurs positions dans la hiéarchie sociale, ce avec tous les risques que ça incombe. Il suffit d’un iphone ou d’un android et une intelligence relationnelle un peu développée pour paraitre et pouvoir vivre du fait de paraitre. Les mains maladroites y trouvent leur lot aussi et les individualités sont à leur paroxysme.

Un autre enjeu qui determine les facteurs d’influence, ce sont les jeux de perception dont seuls les médias traditionnels avaient auparavant l'apanage. Comment vais-je faire paraitre un autre sur ma page Facebook ? C’est le cas des déclarations qui circulent dans les médias traditionnels occidentaux sur le contexte de la mort de Prigojine, le cas échéant les jeux de perception qui veulent impliquer Moscou. Mais des confrontations libres des discours qui se complexifient sur les médias sociaux entravent les processus de manipulation auxquels nous ont habitués les médias traditionnels, lesquels renaissent dans le multimédia. Ceci étant, Cnews ne peut plus manipuler aussi facilement.

En conséquence, ces dernières années les systèmes de valeurs et des oligarchies en Occident se sont trouvés en péril à maintes reprises, à cause de facteurs géopolitiques et d'autres implications d'où je repère la liberté de communication sur les médias sociaux. L'on se rappelle que le compte Twitter de Donald Trump, alors président des États-Unis, a été muselé. Nombreux sont aussi les mouvements populaires qui ont pris forme sur ces plateformes en ligne, qui deviennent des lieux de rassemblement et de concertation servant aussi à donner du poids aux émeutes contre le statuquo. C’est la cas des émeutes en France (à Nanterre) qui ont commencé le 27 juin 2023, suite à la mort de Nahel Merzouk. C’est le cas aussi du mouvement des gilets jaunes. C’est le cas des émeutes du 6 et 7 juillet 2018 en Haïti. Et c’est le cas aussi des débuts du mouvement des Petrochallengers.

Ferry, J.-M. (1994). Philosophie de la communication. Justice politique et démocratie procédurale (Tome II). Paris : Cerf

Ramonet, I. (2017). La tyrannie de la communication. Paris : Gallimard

Williamson Ornéus

williamsonorneus@gmail.org 

Etud. M.A. Histoire, Mémoire et Patrimoine

Licencié en Communication sociale

Suivez-nous sur WhatsApp
reseaux sociaux

Lire aussi

Opinions5 novembre 2026

C’est maintenant ou jamais : Haïti ne peut plus se permettre de rater ce moment historique

Opinions5 novembre 2026

Haïti : jusqu'à quand normaliserons-nous l'inacceptable ?

Opinions5 novembre 2026

Raciste, moi ? Autopsie d’un déni

Opinions5 novembre 2026

Cinq milliards de dollars sous surveillance : le regard menaçant du GAFI sur l'économie haïtienne

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.