Qu’est-ce que la présidence ?
La présidence est une institution républicaine de la plus haute importance de l’État, donc suprême instance du pouvoir exécutif. Elle recouvre à la fois la fonction de président et de chef de l’État, dont la prétendante ou le prétendant préside à la destinée de la nation entière. D’après la nomenclature bourgeoise très répandue dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, au sommet de l’État, cette haute fonction n’échoit jamais à un maçon, ni à un électricien (bòs mason, bòs elektrisyen) ; mais elle est strictement réservée aux gens de l’élite ayant une bonne triture et une connaissance technique et professionnelle de l’administration publique. Autrement dit, des personnes de la haute société qui fréquentent les meilleures écoles, qui ont reçu une formation intellectuelle supérieure qui leur confère l’autorité en matière de prise de décision dans la conduite du gouvernement. En vertu du rang social élevé auquel elles appartiennent, ces personnes réunissent à la fois science, capacité, valeurs et talents. Toutefois, l’auteur du présent article se réserve le droit de passer à l’examen le fonctionnement du système communiste qui représente l’antithèse de l’élitisme culturel prévalant dans le système capitaliste.
Notre propos ici se limite seulement à la droitisation qui s’opère dans le pays national depuis la nuit des siècles, au nom des intérêts des élites bourgeoises haïtiennes. Nous ne sommes pas sûrs que ces dernières maîtrisent notre brève définition de la fonction de président, au vu du barnum politique dans lequel elles s’installent durablement. En tout cas, nous avons envie de dire que, même dans le cas d’une élection présidentielle, la présidente élue ou le président élu doit inspirer au minimum un certain degré de confiance aux mandants qui lui délèguent leur pouvoir de représentation. L’action gouvernementale et les prises de position officielles sont des moyens sûrs et efficaces d’établir la relation de confiance entre les gouvernants et les gouvernés. A plus forte raison, le Conseil présidentiel, qui est perçu comme une structure hétéroclite à l’intérieur d’une créature hybride et provenant quasiment de nulle part, doit faire de la confiance une quête de respect et de dignité, de tous les jours. Le Conseil doit inspirer confiance, la façonner pour la perception du grand public et la maintenir jusqu’à ce qu’il soit à même de boucler la transition dans les limites qu’il s’est lui-même fixé au regard de son acte constitutif. La confiance s’impose au CPT comme un impératif national, qu'il doit tenir comme la prunelle de ses yeux ; bien sûr, à cause de sa naissance fragile.





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.