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Opinions

La confiance du Conseil présidentiel s’érode avant même qu’elle naisse

JB
Jean-Marie Beaudouin

November 11, 2024 · Lecture : 3 min

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Qu’est-ce que la présidence ?

La présidence est une institution républicaine de la plus haute importance de l’État, donc suprême instance du pouvoir exécutif. Elle recouvre à la fois la fonction de président et de chef de l’État, dont la prétendante ou le prétendant préside à la destinée de la nation entière. D’après la nomenclature bourgeoise très répandue dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, au sommet de l’État, cette haute fonction n’échoit jamais à un maçon, ni à un électricien (bòs mason, bòs elektrisyen) ; mais elle est strictement réservée aux gens de l’élite ayant une bonne triture et une connaissance technique et professionnelle de l’administration publique. Autrement dit, des personnes de la haute société qui fréquentent les meilleures écoles, qui ont reçu une formation intellectuelle supérieure qui leur confère l’autorité en matière de prise de décision dans la conduite du gouvernement. En vertu du rang social élevé auquel elles appartiennent, ces personnes réunissent à la fois science, capacité, valeurs et talents. Toutefois, l’auteur du présent article se réserve le droit de passer à l’examen le fonctionnement du système communiste qui représente l’antithèse de l’élitisme culturel prévalant dans le système capitaliste.

Notre propos ici se limite seulement à la droitisation qui s’opère dans le pays national depuis la nuit des siècles, au nom des intérêts des élites bourgeoises haïtiennes. Nous ne sommes pas sûrs que ces dernières maîtrisent notre brève définition de la fonction de président, au vu du barnum politique dans lequel elles s’installent durablement. En tout cas, nous avons envie de dire que, même dans le cas d’une élection présidentielle, la présidente élue ou le président élu doit inspirer au minimum un certain degré de confiance aux mandants qui lui délèguent leur pouvoir de représentation. L’action gouvernementale et les prises de position officielles sont des moyens sûrs et efficaces d’établir la relation de confiance entre les gouvernants et les gouvernés. A plus forte raison, le Conseil présidentiel, qui est perçu comme une structure hétéroclite à l’intérieur d’une créature hybride et provenant quasiment de nulle part, doit faire de la confiance une quête de respect et de dignité, de tous les jours. Le Conseil doit inspirer confiance, la façonner pour la perception du grand public et la maintenir jusqu’à ce qu’il soit à même de boucler la transition dans les limites qu’il s’est lui-même fixé au regard de son acte constitutif. La confiance s’impose au CPT comme un impératif national, qu'il doit tenir comme la prunelle de ses yeux ; bien sûr, à cause de sa naissance fragile.

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Le CPT souffre d'un déficit de confiance, c’est un fait, mais il peut bondir de sa convalescence : puisque, en son sein, trois (3) de ses membres lui fournissent une occasion de se faire une bonne santé mentale par la dialectique des faits et de la loi du pays. Les trois personnalités qui sont mouillées par le scandale de corruption lié à l’affaire Banque Nationale de Crédit (BNC) seraient automatiquement suspendues de leurs fonctions au Conseil parce qu’elles étaient censées être au-dessus de tout soupçon. Si elles s’y accrochent au mépris des obligations morales qui régissent la fonction de président de la République, les autres six (6) membres n’ont d’autre choix que de les écarter ; ne serait-ce que pour anticiper et atténuer des suspicions indésirables qui pèseraient éventuellement sur eux. Ce serait dommage que les trois membres impliqués dans l’affaire louche BNC soient encore en fonction et semblent devoir attendre que la police judiciaire vienne les déchouquer. Ou encore les mettre hors d’état de nuire.

Voici notre mot de la fin : Quand on traverse, dans sa vie, un moment difficile voulu ou inattendu, eh bien, la sagesse recommande qu’on se soumette à son propre examen de conscience, c’est-à-dire on s’évalue soi-même par l’autocritique ; ce faisant, alors on se met dans une position confortable à l’abri de toute éventuelle récidive désagréable. Ainsi donc, sous le drapeau de l’autocritique, on peut écrire fièrement et sans crainte ce bon proverbe créole qui s’énonce comme suit : « Mache sou pinga w pou w pa pile si w te konnen. »

Novembre 2024 ; coifopcha@yahoo.fr           

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