Et si Haïti, aujourd’hui, était le reflet le plus extrême du « malaise dans la cité » analysé jadis en France ? En convoquant l’ouvrage collectif inspiré de Freud, Malaise dans la cité, Jobenson Andou tisse un parallèle audacieux et saisissant entre les périphéries urbaines françaises et la réalité haïtienne contemporaine. Il y voit un miroir tendu à une nation abandonnée par ses élites, gangrenée par l’anomie, mais habitée encore par des forces de résistance. Entre effondrement politique, urgence sociale et quête de dignité, ce texte appelle à un sursaut éthique et citoyen, loin des fatalismes et des faux sauvetages. Un regard lucide, nécessaire, et profondément humain.

Prix Dr Odilet Lespérance
Dans un pays où la santé publique vacille sous le poids de l’insécurité, de l’insalubrité et du déracinement, le journalisme devient un acte de vigilance citoyenne. Le Réseau haïtien des journalistes…

Le comité organisateur du festival féministe Nègès Mawon a clôturé, le samedi 19 juillet, sa 8e édition à l’issue d’une exposition-performance intitulée Nos ailes et racines de papier, présentée au restaurant Café 36 à Pétion-Ville. Déroulée cette année autour du thème Pouvwa, la programmation artistique du festival a permis de questionner les dynamiques de pouvoir en Haïti, ainsi que la place des femmes dans les sphères politiques et sociales.

Et si c’était à nous, lecteurs, de faire vivre les livres ? Ici, Marc Sony Ricot signe un plaidoyer pour une littérature partagée, vivante et libre.

Besoin de poème
À l’heure où les balles déchirent les villes et où l’oubli menace la mémoire, ce poème de Junior Bazile s’élève comme une prière debout pour Frankétienne, titan du verbe et gardien du souffle haïtien. Mapou tombé dans un pays à genoux, Frankétienne devient ici étoile-oracle, voix persistante dans le vacarme du silence. Ce texte, à la fois cri et offrande, nous rappelle que même dans la nuit la plus profonde, l’impossible peut être insoumis. Une parole pour dire l’absence, et faire entendre la présence qui ne meurt pas

L'Association Quatre Chemins ne ralentit pas. Face à la recrudescence de la violence en Haïti, en particulier les violences basées sur le genre dans les écoles, l’Association Quatre Chemins (A4C) lance le projet Lekòl Tifi. Soutenu par l’OEA, ce projet d’une durée de six mois allie expression artistique et accompagnement psychosocial pour lutter contre la violence faite aux filles en milieu éducatif. La pièce éponyme Lekòl Tifi a rencontré un vif succès, lors de ses représentations dans différents établissements scolaires du département de l'Ouest.

Chronique
Où publier son livre quand on débute ? Derrière chaque manuscrit, il y a un rêve. Mais en Haïti, ce n’est pas toujours simple. Entre espoirs et mauvaises surprises, mieux vaut savoir à quoi s’attendre. Marc Sony Ricot partage ici quelques repères pour aider les jeunes plumes à choisir leur chemin.

Dans un contexte où les outils de développement personnel se multiplient, À Hue ou à Dia : Alawonnbadè se distingue par son originalité. Présenté cette année par C3 Éditions, ce nouveau livre d’Evens…

Dans le cadre de la 8e édition du festival féministe Nègès Mawon, qui s’est dérouleé du 17 au 19 juillet sur le thème « Pouvwa », la Bibliothèque Michèle Tardieu de Pétion-Ville a accueilli en ses locaux, le vendredi 18 juillet, une mise en lecture de « Madame la ministre », dirigée par Néhémie Bastien. Une pièce de théâtre, en chantier, coécrite par Gaëlle Bien-Aimé et Péguy C. F. Pierre, qui interroge sur les rapports de pouvoirs dans la fonction publique et la complicité entre politiques et réseaux criminels.

Ventre-signature
Le théologien Corlby Michel a signé, à l'Église Bellevue Salem, sise à Delmas 33, le dimanche 13 juillet 2025, son premier ouvrage : « Différentes manifestaions du Saint-Esprit dans la vie chrétienne ». Dans ce livre comportant sept chapitres, l'homme de Dieu tente de présenter le Saint-Esprit et montrer son importance dans la vie du chrétien.

Le Centre d’Art, soutenu par l’Organisation des États américains (OEA), le gouvernement du Canada et la Fondation panaméricaine de développement (PADF), a organisé, ce jeudi 17 juillet, dans les locaux de l’OEA à Pétion-Ville, le vernissage d’une exposition-vente intitulée Créer malgré tout : l’art pour réparer les liens, issue du projet « An n kwape vyolans sou tout fòm avèk lakilti ». À cette occasion, des diplomates étrangers ainsi que des personnalités du milieu culturel haïtien ont honoré de leur présence le lancement de cette exposition, qui se poursuivra jusqu’au 31 juillet.

Nixon Destiné a présenté, le 18 juillet 2025, son tout premier ouvrage lors d’une vente-signature organisée à l’Académie diplomatique Jean Price-Mars. Intitulé Diplomatie multilatérale : les Accords de siège signés par Haïti, cet ouvrage compile les accords établis entre Haïti et diverses organisations internationales opérant sur son territoire.

Le comité directeur de l’organisation a lancé, le jeudi 17 juillet, au Centre culturel Brésil-Haïti (CCBH) à Pétion-Ville, la 8ᵉ édition du festival féministe Nègès Mawon, qui se tiendra du 17 au 19 juillet autour du thème « Pouvwa ». Cette édition ambitionne d’interroger les dynamiques de pouvoir en Haïti. À l’issue du lancement, une restitution des ateliers organisés par l’association a été présentée sous la forme d’un spectacle intitulé Bag la ou dag la.

Humour / Festival /1ere édition
La première édition du festival Rire en scène s’est tenue à Montréal le 12 juillet dernier. Porté par le Centre communautaire culturel de Séverine (CCCS), ce nouveau rendez-vous a pour ambition de célébrer la richesse des expressions afro-descendantes. Pour cette première, c’est l’humoriste haïtien installé en Guadeloupe, TYO, qui a eu la mission d’embarquer le public montréalais dans un voyage au pays du rire — un rire franc, continu, libérateur. Selon Florwing Ogé, cheville ouvrière de l’événement, « Pour rire avec plaisir » est une invitation à retrouver la joie simple, à renouer avec notre humanité, à se guérir, aussi. Et elle ne cache pas sa joie.

Rolaphton Mercure et Smeralda Jean-Philippe Tanis, deux des trois dramaturges haïtiens en lice pour le Prix RFI Théâtre 2025, interviewés par Le Nouvelliste, ont exprimé leur joie ainsi que la pertinence de leurs projets d’écriture respectifs, Furieuses et Épine. Ils font partie des trois Haïtiens présélectionnés parmi les 12 auteurs retenus, sur 143 textes reçus en provenance de 22 pays — majoritairement africains.

Grande Finale/ J/ P HRO
Le Collège mixte Toussaint Louveture a remporté haut la main la 4e édition du concours Plezi Mizik de J/P Haitian Relief Organisation. Au terme d'une finale, tenue aux locaux de l'institution, à Delmas 32, cet établissement scolaire qui porte le nom du grand Toussaint Louverture est sacré champion de cette compétition qui promeut la musique en milieu scolaire. L'équipe championne est suivie de l'École de L’Espoir et l'Institution mixte de l’Espoir, respectivement vice-championne et troisième. Les primes sont alléchantes : keyboards, guitares, sacs d'école, fournitures classiques...

Dans Ayisyen toupatou, Gervais Charles raconte l’histoire d’un homme déporté, bouleversé par la perte de son fils, et par l’exil qui déchire les corps et les mémoires. Ce roman de 146 pages, publié en 2023 aux Éditions La Guinaude, explore avec une rare acuité les blessures de la diaspora haïtienne, entre les promesses de l’ailleurs et les brutalités du retour.

La ville de Jacmel, dans le Sud-Est d'Haïti, s'apprête à accueillir la première édition du Festival des îles qui marchent. Initié par la structure Öffen poem, cet événement se donne pour objectif de célébrer « ce que la Caraïbe porte en elle de plus universel : le désir de dialoguer, de déconstruire, de se comprendre.

Prix Jacques Roche 2025
Le Prix Jacques Roche du journalisme culturel 2025 a été attribué à Marc Sony Ricot, journaliste, chroniqueur littéraire au Nouvelliste et animateur de podcasts, par la direction de la Bibliothèque Georges Castera du Limbé (BGCL). Selon un communiqué daté du 8 juillet, cette distinction lui a été remise « pour la qualité de son engagement en faveur de la culture haïtienne et francophone ».
Jacmel, entre mémoire et résistance, trouve dans la poésie de Vilbrun Emerson une voix singulière. À travers le concept de « Jacmélitude », le poète donne corps à une identité à la fois intime et collective, enracinée dans le territoire, nourrie par l’histoire, et tendue vers l’avenir. Ce texte propose une plongée dans son œuvre, où la ville devient langage, et le vers, un acte de transmission.