
À l’occasion du 14 août, date emblématique de l’histoire haïtienne, la Bibliothèque nationale d’Haïti invite les jeunes plumes du pays à un exercice de mémoire et de création. Le concours « Refaire Bois Caïman » propose de revisiter, à travers le théâtre, l’un des actes fondateurs de la Révolution haïtienne. Une initiative audacieuse mêlant histoire, écriture et engagement citoyen.

Chaque été, Berlin se fait l’écho des mémoires et des résistances haïtiennes. Du 1er au 3 août 2025, le festival Bwa Kayiman a investi la Maison des Cultures du Monde pour une troisième édition placée sous le signe de la souveraineté relationnelle. Rituels, cinéma, poésie, musique et ateliers feront de ce rendez-vous un lakou vivant au cœur de l’Europe, célébrant les héritages partagés et les imaginaires panafricains.

L’Espace Culturel Vertières vient d’annoncer la tenue prochaine de la deuxième édition de Zantray, qui mettra en lumière la figure d’Anacaona cette année, soit le 25 octobre 2025, à la cinquième salle de la Place des Arts à Montréal, à travers un spectacle intitulé « Anacaona : mémoire autochtone et identité créole ». Cette représentation théâtrale aura lieu dans le cadre du Mois de l’histoire du créole. Un projet artistique qui vise le dialogue, la transmission et la décolonisation par l’art.

2e partie / Lire pour se construire
Dans ce deuxième volet de notre entretien avec l’ancien ministre de l’Éducation nationale, réalisé le samedi 2 août 2025 après sa conférence en ligne à la Bibliothèque Nazaréen de Cabaret, Pierre Josué Agénor Cadet s’exprime sur les enjeux linguistiques qui freinent l’accès à la lecture en Haïti. Selon lui, la question de la langue dépasse les clivages linguistiques : elle touche à la justice sociale, à l’égalité des chances et à la souveraineté intellectuelle du pays. L’ex-ministre plaide pour une politique volontariste de bilinguisme éducatif, une production accrue de livres en créole et en français, et une valorisation du créole comme langue d’apprentissage, de culture et de savoir. Pour bâtir une société plus inclusive, plus cultivée et plus libre, il appelle à une refonte en profondeur du rapport entre langue, lecture et école.

Jacques Derrida parle de la dangerosité de l'écriture. Sa démarche consiste à montrer que l’écrivain peut ne pas avoir le contrôle. Il n'est pas toujours celui qui décide de tout. Du moins, très rarem…

Vente-signature
Le vendredi 8 août 2025, à 10 h a.m., dans les locaux de l’Académie diplomatique Jean Price-Mars du MAEC, le diplomate et spécialiste en droit international de l’environnement Job Pierre procédera à la vente-signature de son ouvrage intitulé La Contribution de la Cour internationale de Justice à la protection de l’environnement. À travers ce livre, l’auteur met en lumière le rôle croissant de la CIJ dans la régulation des enjeux écologiques mondiaux, plaidant pour un recours accru à cette instance dans le règlement des différends environnementaux.

Première partie
Alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle, le Centre de développement des jeunes de Cabaret a organisé, le samedi 2 août 2025, une conférence à la Bibliothèque Nazaréen de Cabaret, diffusée en ligne. Intitulée « Lire pour se construire : regards croisés sur l’avenir de la jeunesse haïtienne », cette rencontre a réuni des jeunes autour de deux panélistes engagés : Wooselande Isnardin et le professeur Pierre Josué Agénor Cadet. Dans cet entretien mené à distance, ce dernier, ancien ministre de l’Éducation nationale, historien et penseur critique, revient sur les enjeux cruciaux de la lecture, de la langue, de l’accès au savoir et du rôle de l’école haïtienne. Un regard lucide et sans complaisance sur les défis, mais aussi les pistes de transformation.

L’année 2025 coïncide avec un double événement historique d’importance. D’une part, elle marque le 110e anniversaire du début de l’occupation américaine d’Haïti ; d’autre part, elle commémore le centenaire de la disparition de Georges Sylvain, éminente figure des lettres haïtiennes. Écrivain engagé et patriote convaincu, Sylvain fut l’un des plus fervents opposants à l’occupation américaine. En 1915, lorsque le pays passe sous contrôle étranger, l’avocat se dresse avec détermination contre l’envahisseur. Sa riposte, empreinte de lucidité et de fermeté, témoigne de son attachement indéfectible à la souveraineté nationale.

Le samedi 2 août, Dave Champions Productions a présenté au restaurant Vivano, Coin des Artistes, à Pétion-Ville, une représentation théâtrale intitulée Fleur noire – Dans l’ombre de mon fantasme. Ce spectacle s’inscrivait dans le cadre de la première édition de la soirée Fantasme Vibe’s. Mis en scène par Ronald Vital et porté par la direction artistique d’Yves Marie Gustave, il proposait une expérience scénique singulière, mêlant avec finesse théâtre, musique et slam.

Ce texte invite à découvrir comment la littérature peut briser les murs et créer des rencontres qui transforment.

Beauté, éloquence et ambition étaient au rendez-vous ce dimanche 3 août à Pétion-Ville, où la 8ᵉ édition de Miss Ouest Haïti a été officiellement lancée. Neuf jeunes femmes, déterminées à incarner une nouvelle vision de la féminité haïtienne, se disputent cette année la couronne lors d’un concours qui célèbre bien plus que l’apparence : un véritable tremplin pour l’intelligence, le charisme et l’engagement.

Wooselande Isnardin ouvre la conférence du Centre de développement des jeunes de Cabaret
Dans un contexte national étouffé par la peur et l’effondrement des institutions, les mots résistent. Ils éclairent. Ils élèvent. Ce compte rendu en deux parties revient sur une conférence organisée le samedi 2 août 2025 par le Centre de développement des jeunes de Cabaret, tenue à la Bibliothèque Nazaréen de Cabaret et diffusée en ligne. Deux voix ont porté la réflexion : celle de Wooselande Isnardin, étudiante en droit, romancière, ministre de la Culture du Gouvernement jeunesse et secrétaire générale adjointe du Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS), et celle du professeur Pierre Josué Agénor Cadet, ancien ministre de l’Éducation nationale. La première partie de ce compte rendu est consacrée à l’intervention de Wooselande Isnardin, qui a fait l’éloge de la lecture comme acte de survie, d’engagement et de construction personnelle. La seconde, à venir, portera sur l’analyse du professeur Cadet, témoin lucide des failles du système éducatif haïtien et défenseur d’une culture de l’éveil par les livres. Compte rendu.

Dans Les Villages de Dieu, Émmelie Prophète plonge au cœur des quartiers les plus défavorisés d’Haïti, dessinant un tableau cru de violence, de misère et de survie. Pourtant, derrière cette fresque sociale apparente, se cache une construction narrative troublante : un personnage principal distant, des incohérences psychologiques, et une vision univoque des marges qui frôle le stéréotype. Ce regard porté par le roman, qui semble parfois s’adresser davantage à un public occidental en quête de récits-chocs, soulève des questions cruciales sur la représentation des vies en marge et sur les limites d’un réalisme littéraire qui pourrait finir par invisibiliser la complexité et l’humanité de ces territoires.

La Direction nationale du Livre (DNL) a officiellement lancé, le vendredi 1er août, dans ses locaux à Bourdon, « Les Vendredis de la DNL », une activité culturelle bimensuelle, sous l’égide du ministère de la Culture et de la Communication (MCC). Ce fut aussi l’occasion de rendre hommage à feu Frankétienne et à Christophe Philippe Charles pour leur contribution à la littérature haïtienne.

Journaliste littéraire et autrice engagée, Valérie Marin La Meslée reçoit le Prix 2025 de l’Académie des arts et des Lettres de Limbé pour l’ensemble de son œuvre. Cette distinction salue une trajectoire remarquable, marquée par la mise en lumière des imaginaires afro-caribéens et un dialogue fécond entre les cultures, dans l’esprit du Tout-Monde cher à Édouard Glissant.

Je vous présente un homme qui a osé tout dire, tout embrasser. Un homme qui a pris la parole non pas pour plaire, mais pour révéler. Walt Whitman est ce poète américain du XIXe siècle qui a transformé la poésie en un espace de liberté totale. Il n’est ni dans le costume ni dans les salons littéraires. Il marche pieds nus sur la terre, il embrasse les corps et les âmes, il célèbre le souffle humain, il chante l’univers dans un brin d’herbe. Whitman, c’est le poète du « je », mais d’un je qui inclut tous les autres. Il est le poète du peuple, du quotidien, de la sensualité, de la douleur et de l’extase. Il a écrit dans un pays divisé par la guerre, traversé par l’esclavage, rongé par les contradictions, et c’est dans ce tumulte qu’il a élevé sa voix comme une prophétie d’unité, de chair et de lumière. Aujourd’hui, je fais résonner sa parole dans notre Haïti blessée mais vivante. Car dans un pays où les balles déchirent, la poésie répare. Dans un territoire fragmenté, la voix de Whitman unit. Face à la brutalité, il offre la tendresse d’une parole sans honte. Il nous apprend que nos corps sont sacrés, que nos émotions sont légitimes, que penser librement est un acte de résistance. Il nous rappelle que la beauté est une flamme à garder vivante, surtout quand tout semble s’effondrer. Whitman ne parle pas de loin. Il est avec nous — dans l’air que nous respirons, dans la marche de ceux qui n’abandonnent pas, dans le silence qui précède un cri, et dans la lumière fragile de ceux qui espèrent encore.

L’artiste multidisciplinaire Collinx Mondésir vient de sortir son premier album, multiCo., une œuvre introspective, habitée par des thèmes comme la mémoire, l’amour, la honte, l’élan de vie, la fatigue du monde, la foi, la solitude, le lien, la mort — pour ne citer que ceux-là. Composé de dix morceaux, l’album de celui qui se fait appeler m.Co. est déjà disponible sur les plateformes de streaming.
Bezwen powèm
Chak ane, nan dat 31 jiyè, yon jou ki chaje ak lapenn ak refleksyon, pwofesè literati Widly Jean fè sonje yon vwa ki pa janm sispann pale nan kè pèp Ayiti. Se twazyèm powèm li dedye pou Liliane Pierre-Paul, jounalis Kiskeya ki te travèse nan yon moman difisil pou peyi a. Nan yon peyi kote lanmou ak laprès ap soufri anba pwa ensekirite, vyolans, ak mechanste, powèm sa a sonnen tankou yon apèl vivan pou moun pa janm bliye sa Liliane t ap denonse. Li se yon envitasyon pou nou tande vwa li, yon vwa ki pote limyè nan fènwa, yon vwa ki kanpe pou libète, jistis, ak verite. Nan pawòl sa yo, Widly Jean ouvè yon pòt sou doulè pèp la, sou tan k ap pase san rekonesans, sou espwa k ap kenbe tèt li malgre tout bagay. Se yon moman pou n sonje, pou n reflechi, e pou n kenbe flanm nan vivan pou jenerasyon k ap vini yo.

Chak 31 jiyè, se pa jis yon dat. Se yon randevou ak memwa. Depi 2023, powèt Widly Jean ekri yon powèm pou salye Liliane Pierre-Paul, vwa ki te tounen 4è sou Radyo Kiskeya. Twa powèm, twa randevou ak doulè, ak respè, ak pwezi ki pa vle lage tan an. Chak mo se yon flè. Chak vè se yon batman kè pou yon vwa ki pa janm ale.

Besoin de poème
Et si on pouvait se dire : « Je me célèbre et je me chante » sans honte, sans masque, avec le corps, l’âme, les pieds dans l’herbe et le nez au vent ? Dans ce poème, Walt Whitman, poète américain du XIXe siècle, nous invite à écouter ce qui palpite en nous — sans règles, sans jugements, sans peur. Il parle comme on respire, il pense en marchant, il célèbre la vie brute, la nature, l’être humain dans toute sa grandeur et ses contradictions. Ce texte est une sorte de manifeste pour celles et ceux qui cherchent leur place, qui veulent s’autoriser à exister pleinement, librement, intensément. C’est un chant. C’est une marche. C’est un grand souffle. Et il commence ici.