
Je craignais ce moment. Je redoutais cette épreuve qui n’en est pas une, celle de prononcer l’éloge funèbre en silence, au profond de moi-même, d’un ami d’enfance, d’un camarade de classe du Petit Sém…

Reportage
Par un soir d’été à Montréal, la musique haïtienne a trouvé une nouvelle scène d’expression. Le Ritz, en plein cœur de la métropole québécoise, a été le théâtre d’une grande première inoubliable, celle d’ILE Mizik et d’Anie Alerte, étoile montante à la voix puissante et engagée.
Qu’est-ce que la littérature peut encore nous dire dans un monde en perpétuel changement ? Emmanuel Pacorme explore la littérature comme lieu de tensions et de contradictions, entre vérité et mensonge, entre mémoire et oubli, entre individualité et société. Ce texte interroge les pouvoirs du langage et les limites de l’interprétation, et nous rappelle que lire, c’est toujours un peu se perdre, mais ne jamais sortir indemne.

Il y a là une voix qui arrive dans la poésie haïtienne. Cette voix sera peut-être importante, parce qu’il est un poète conscient de l’état de l’autre et de l’horizon de son pays. Et puis, il sait ce que poésie veut dire ; beauté, réinvention, sensibilité.

Invité d’honneur de la 31e édition du plus grand événement autour du livre en Haïti qu’est Livres en folie, le professeur, journaliste, poète, écrivain, éditeur Christophe Philippe Charles, dit Christophès, était là le 19 juin, chez les frères de l'instruction Chrétienne, avec, entre autres livres, Sept poèmes arc-en-ciel, un petit recueil de poésie par le volume, mais dont l’immensité poétique et la fluidité du verbe n’est pas à démontrer.

Besoin de poème
Dans « Mon Atlas de vent », Marnatha I. Ternier déploie une langue tellurique, à la fois antique et charnelle, où le mythe d’Atlas se refonde en une confession cosmique. Ici, le titan n’est plus simple porteur de la Terre : il devient matrice du ciel, corps traversé d’embruns, de feu et de mémoire. Entre les éclats d’un souffle antique et les échos brûlants du monde contemporain, la poète noue la douleur au sublime, la condamnation à une forme de jouissance oraculaire. Le poème, tel un rituel, mêle mythologie et violence sacrée, pour engendrer une voix ivre d’éternité, suspendue entre la mer, le sang et le ciel. C’est une transe – lucide et sauvage – dans laquelle se consume l’humanité d’un dieu, ou la divinité d’un humain. Le titan Atlas, accroupi, portant une sphère céleste (ou terrestre) sur ses épaules, cette figure que dessine Marnatha ouvre une belle voie symbolique pour réfléchir à la notion de poids du monde, de responsabilité cosmique, mais aussi de résistance — un thème universel qui entre magnifiquement en résonance avec l’histoire d’Haïti, et plus encore avec celle de ses artistes, de ses femmes mythiques (Cécile Fatiman, Sanite Bélair, Catherine Flon, Marie Claire Heureuse, Marie-Jeanne Lamartinière), et de ses luttes contemporaines. Lire ce poème, c’est plonger dans une mer rouge, où chaque vague soulève les fantômes d’un passé incandescent — et les promesses d’un ciel à réinventer.

Compte rendu
Le 16 juin 2025, à l’Unesco, Paris a salué la mémoire de Frankétienne, géant de la littérature et des arts haïtiens. Dans une salle pleine d’émotion, Lilas Desquiron, ambassadeure et romancière, lui a rendu hommage au nom d’Haïti — à la hauteur d’un homme qui fut verbe, couleur et souffle.

En Haïti, il existe une pluralité d’influences et une diversité de genres musicaux dans l’aire culturelle (Dauphin, 2014). Et dans cette dynamique musicale, les femmes sont au cœur de l’évolution de la musique haïtienne. Elles s’associent aux chants, mélodies et refrains pour s’atteler au travail, apaiser leur tristesse et revendiquer leur droit. Dans les champs, au bord de la rivière, dans les longues marches, la voix féminine résonne de chaleur, de douceur ou de lyrisme. La prestation active des femmes musiciennes a toujours été confirmée dans l’histoire de la musique haïtienne, notamment dans la musique sacrée, soit dans le vodou ou les pratiques évangéliques à travers les cantiques. Dans la musique savante, une place de choix leur est conférée comme choristes, pianistes ou violonistes (womenforlibertyhaiti, 2023). Dans les années 1940-1950, les femmes font une relance et sont au-devant la scène, et c’est à cette époque que nous retrouvons Lumane Casimir, au milieu du troubadour.

Du 30 juin au 11 juillet 2025, la Mairie du 20e arrondissement de Paris accueille Haïti, Féminin Pluri’Elles, une exposition photographique conçue par Astrid di Crollalanza, en co-commissariat avec Lo…

Entre poésie, musique et engagement culturel, la troisième édition de Sérénade poétique a offert une soirée riche en émotions et en échanges. Accueillant pour la première fois un invité d’honneur, l’événement continue de tisser sa toile dans le paysage littéraire haïtien, avec pour mission d’élever les esprits par les mots.

Anne Judly Shelda Guillaume, 17 ans, a remporté haut la main le concours Miss Héroines 2025. Lors de la finale, tenue le 8 juin 2025, à l'auditorium de Maison Plein Soleil, à Fontamara 27, l'élève de NS3 à l'école des sœurs salésiennes de Thorland, à Carrefour, a livré une performance qui restera gravée dans les mémoires.

Interview
À Paris, le 16 juin 2025, l’UNESCO rendait hommage à Frankétienne, géant des lettres haïtiennes, disparu en avril. À la mise en scène de cette célébration : Guy Régis Jr., écrivain, dramaturge et directeur du festival Quatre Chemins. Dans cet entretien, il revient sur l’intensité de cet hommage, la puissance de l’œuvre de Frankétienne, et la portée politique de l’art dans un pays en crise. À ses yeux, plus qu’un auteur, Frankétienne était une source, une énergie, un souffle qu’il fallait faire entendre, coûte que coûte.

Première partie
Joseph Ferdinand, ancien professeur à l’Université du Vermont et à Saint Michael’s College au Vermont, professeur émérite de Saint Michael’s College, réside présentement en Floride.

Si vous faites partie de ceux qui pensent que chrétienté rime avec pauvreté ou mauvaise gestion financière, la voie de Nesly Bovil est une voix discordante avec votre pensée. Du haut de sa chaire, il parle d’argent et de prospérité financière – qu’il présente même comme des dons de Dieu. DEICO est ainsi cet ouvrage qui promeut l’éducation financière « selon la loi de Dieu ». À l’approche de la 31ᵉ édition de Livres en folie, la rédaction de Le Nouvelliste l’a lu pour vous. En voici une présentation.

Dans son recueil de poèmes intitulé Voix des créatures, l’auteur Yves Étienne prête sa plume et sa voix aux créatures – fruits de son imagination – pour exprimer les émotions et les plaintes d’un pays au tissu social déchiré. Il constate et conteste, il regrette mais espère, il dénonce et propose. Voix des créatures se veut donc, au-delà d'une œuvre qui émerveille l’esprit, un appel à la résurgence de l’âme collective et à l’action du corps. Ce, dans l’unique but de sauver la Terre-Patrie.

Certains auteurs marquent les esprits dès leur premier ouvrage ; d'autres, déjà aguerris, surprennent en explorant de nouveaux genres littéraires. Jean-Robert Constant, lui, fait une entrée remarquée dans le monde du roman avec Raboteau, les mots et les maux, une œuvre qui inaugure une nouvelle voix sur la scène littéraire.

Le poète, écrivain et professeur Marc Exavier vient de publier, aux éditions C3, au mois de mai dernier, son livre intitulé Al on lavi se lanmò. La mort, la mémoire et l’oubli. Un livre jeunesse de « Lodyans », genre propre à la littérature haïtienne, qui interroge sur notre rapport à la mort et la superstition.

Après Fort-Liberté, cap sur Jérémie : le Théâtre national d’Haïti poursuit sa tournée estivale. Le dimanche 22 juin 2025, le Théâtre national d’Haïti (TND’H), sous la direction d’Yves Penel, a lancé à Jérémie, dans la Grande Anse, son traditionnel atelier d’été. Intitulé cette année « Atelier Frankétienne », l’événement rend hommage au géant des lettres haïtiennes, Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, disparu le 20 février dernier.

Le livre Santé et justice sociale chez nous et dans le Sud global explore les enjeux de développement et de justice sociale à travers le prisme de la couverture sanitaire universelle. Rédigé par les e…

À l’occasion de la Fête de la musique, célébrée chaque 21 juin depuis 1982, l’Institut français en Haïti (IFH), l’ambassade de France et le Centre culturel Brésil-Haïti (CCBH) ont uni leurs efforts pour offrir au public haïtien un concert exceptionnel. La soirée, tenue le samedi 21 juin dans l’enceinte du CCBH, près de la Place Boyer, a été un vibrant hommage aux rythmes haïtiens, brésiliens et universels. C’est la musique qui, une fois de plus, a servi de refuge et de pont entre les âmes, dans un pays en proie à des incertitudes persistantes.